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Traitements phytosanitaires
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Protégez
L'environnement, protégez-vous !
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Les études le prouvent, les produits phytosanitaires ne sont pas tous anodins ni pour la santé de l'homme j ni pour l'environnement. Face à ce constat, les viticulteurs sont invités à se protéger et à adopter un code de bonne conduite lors de l'application des produits. Il suffit parfois de petits gestes pour éviter de gros incidents !
D
es ouvriers viticoles hospitalisés suite à des traitements phytosanitaires... Un risque de mortalité par cancer du cerveau annoncé supérieur de 25 % chez les viticulteurs.,. Des rivières qui dépassent les nonnes autorisées en matière de résidus de produits chimiques.,, En cène fin de siècle, les produits phytosanitaires ne sont pas en odeur de sainteté. Conçus pour détruire ou empêcher l'ennemi de la culture de s'installer, il est indéniable qu'ils ne sont pas tous inoffensifs pour l'homme et son environnement, Pourtant, 80 % des agriculteurs continuent à ne pas se protéger efficacement, bien souvent car ils ne sont pas conscients des risques encourus. Les pratiques en matière de gestion des reliquats de traitement sont elles aussi souvent contestables. Là encore, les agriculteurs pèchent par négligence plus que par malveillance. Alors que faire ? Procéder au retrait des substances les plus toxiques pour l'homme, comme le proposait le magazine Sciences et Avenir (Août 1997) ? Bannir tous les produits phytosanitaires comme l'envisage le Danemark ? En France, on opte pour des mesures plus "raisonnables" basées sur un durcissement de la réglementation et le développement de la prévention.
LA REGLEMENTATION SE DURCIT
C'est ainsi qu'en janvier 1997, le Ministère de l'agriculture, en collaboration avec le Ministère de l'environnement élaborait un plan
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COMBINAISON, MASQUE, GANTS, LUNETTES...
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Les viticulteurs négligent encore trop souvent ces protestions lors de la manipulation des produits.
intitulé "Produire plus propre". Plusieurs matières actives utilisées en viticulture en ont fait les frais. L'aldicarbe (nématicide, insecticide) d'abord qui fait maintenant l'objet d'une traçabilité totale avec déclaration trimestrielle des quantités commercialisées. Mais aussi les préparations herbicides à base d'atrazine, interdite sur vigne, de simazine, limitée à 1000 g/ha/an et de diuron, plafonné à 1800 g/ha/an. Quant au lindane, il est purement interdit d'emploi depuis le 1er juillet 1998. Ces substances actives n'ont pas été visées au hasard. Les résultats de récentes études * montrent en effet que si l'on applique la norme de 0,1 microgramme par litre comme seuil de qualité des eaux de surface (norme fixée pour les eaux potables), l'atrazine et ses métabolites dépassent ce seuil dans 40 % des cas, le diuron dans 15 % et la simazine dans 6 %. Pour les eaux souterraines, les dépassements concernent les mêmes matières actives. Plus grave, le prélèvement d'eau potable dans 200 unités de distribution a révélé que pour les produits phytosanitaires, les cas de non
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conformité représentaient 11 ,2 % des prélèvements. Pour lutter contre ces contaminations, les préfets ont aujourd'hui la possibilité d'interdire ou de limiter l'usage de certains produits dans des zones à risques. Parallèlement, au niveau européen, 90 matières actives sur la sellette, sont toujours en cours de révision. Parmi eËes, 25 concernent la viticulture. ACQUERIR DES REFLEXES DE BONNE CONDUITE
"L'interdiction de produit ne fera pas tout, diminuer la pollution passe aussi par la formation des agriculteurs", pense quant à lui Alain Chalendon, président de Î'UIPP (Union des industries de la protection des plantes) et directeur de Rhône-Poulenc Agro France, Les principales causes de pollution par les produits phytosanitaires sont en effet dues à des incidents ponctuels : débordements) mauvais rinçages des fonds de cuves, des bidons... Quelques recommandations simples permettraient de limiter ces sources de pollution. Un message, clamé à l'unisson par tous les professionnels de l'agriculture et de la viticulture. Les nombreuses actions menées dans ce domaine sont, depuis février 1997, fédérées par le biais de la charte Phytornieux qui met l'accent, dans un premier temps, sur l'amélioration de la pulvérisation. Sachant que même avec un pulvérisateur bien réglé, les pertes de produit peuvent atteindre
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ALAIN CHALENDON
"Diminuer la pollution passe aussi par la formation des agriculteurs, "
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Innovations produits
Des formulations de plus en plus securisantes
Mettre sur le marché des matières actives plus sélectives, moins toxiques et efficaces à des doses de plus en plus faibles, tels sont les objectifs actuels de toutes les firmes phytosanitaires. "Mais l'évolution des spécialités commerciales ne se résume pas au seul progrès des matières actives. L'amélioration des formulations est tout aussi considérable", précise Philippe Michel de IVIPP. Dans te cas des solides, tes granulés dispersives se généralisent. Ils coulent comme des liquides, ne dégagent pas de poussière et se dissolvent rapidement en donnant une bouillie homogène. Qui fais est, ils minimisent les risques de pollution puisque le granulé ne se répand pas Immédiatement dans l'environnement, comme un liquide. Autre tendance : le conditionnement des poudres mouillables en sachets hydrosolubles. Tout contact direct avec te produit est alors éliminé. Au niveau des liquides ; "on essaie de limiter, voire de supprimer, les solvants organiques", explique Richard Allain, responsable produit vigne chez DowAgrosciences. On lui préfère un mélange d'eau et de solvants moins inflammables, pour former des émulsions aqueuses. Autre formule : remplacer les concentrés émulsionnables, contenant beaucoup de solvants organiques, par des gels conditionnés en sachets hydrosolubles ou par des granulés contenant la qualité strictement nécessaire de solvant Pour le conditionnement des liquides, l'heure est aux bidons "intelligents", faciles à rincer, simples à manipuler, résistants aux chocs et équipés de systèmes "anti-glou-glou"...
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40 voire 60 %, l'enjeu est de taille ! Des actions aujourd'hui relayées par les sociétés phytosanîtaires elles-mêmes. C'est le cas notamment de Rhône-Poulenc Agro France et de Novarris Agro qui prônent tous deux les bonnes pratiques agricoles. Avec des gestes simples, on doit pouvoir diminuer de moitié au moins la pollution liée aux produits", estime Alain Chalendon. Diminuer la pollution de l'environnement mais aussi éviter des problèmes de santé des agriculteurs. Là encore, un impératif : avoir le réflexe de se protéger. Pour acquérir ces réflexes, il faut du temps. N'a-t-il pas fallu plus de dix ans pour que le port de la ceinture de sécurité se généralise ? Alors viticulteurs, prenez le problème à bras le corps avant que les PV ne tombent ! Sophie Caron
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Nouveaux produits
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* Éludes présentées par R, Mettre] de la Direciion de k protection des végétaux lors de la dernière conférence du Colttma.
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L'homologation : tout sauf une formalité
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50 000,100 000Jfvoire 200 000 molécules sont testées tous les ans par chaque grande firme phytosanitaire. Parmi elles, deux ou trois auront une chance de se retrouver sur le marché. Car attention, n'est pas homologué qui veut. La condition ? Ne pas présenter de risques "inacceptables" pour l'utilisateur, le consommateur ou l'environnement. Une procédure d'homologation commune à tous les Etats membres de l'Union européenne. D'abord, il faut estimer la toxicité pour l'utilisateur. Toxicité à court terme (en cas de contact, d'inhalation, d'ingestion...), mais aussi à long terme pour juger du pouvoir cancérogène, des effets sur la reproduction, sur les neurones... Menées in vitro et in vivo sur des animaux, ces études permettent notamment de fixer la DJA (Dose journalière acceptable), le NAE (Niveau acceptable d'exposition) et de définir les précautions d'emploi : gants, masques... "Les études de pénétration cutanée sont de plus en plus demandées", précise Pierre Duchateau, responsable de l'homologation chez Du Pont de Nemours. Le risque consommateur est lui, apprécié par rapport aux résidus recherchés sur la culture mais surtout le raisin, le jus, le marc et le vin. Parallèlement, sont évalués le comportement environne-
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QUELS SONT LES EFFETS DES PRODUITS DANS L'EAU?_________________________________________
Les firmes phytosanitaires procèdent à des études en milieu aquatique, avant de commercialiser une molécule (ici dans un centre BASF en Allemagne).
mental des molécules dans le sol, l'eau, l'air ; mais aussi la toxicité sur la faune, la flore sauvage, les abeilles... Tester la matière active ne suffit pas, C'est en effet la formulation qui est homologuée, pas la molécule. Les autres substances intervenant dans la composition du produit sont donc, elles aussi, passées au crible avant l'autorisation de mise sur le marché. S. C.
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Ex RhOne-Alpes 60% DE VITICULTEURS MAUVAIS RINCEURS!
En 1996,3 rivières de Rhône Alpes situées en situé viticole!e ont été cassées au crible. Résultat : de nombreuses matières actives ont été retrouvées avec des teneurs cumulées pouvant atteindre 120yg par litre. Les viticulteurs du secteur sont-ils en partie responsables ? Pour en avoir le cœur net, une enquête* a été réalisée sur leurs habitudes de traitement. Premier point: le contrôle du matériel reste très rare. Seulement 10% des enquêtes font régler leur pulvérisateur par un technicien ; plus d'un viticulteur sur deux ne fait jamais contrôler son matériel et quand il s'agit de contrôle, Use limite souvent à changer les pastilles dans tes buses.
Au niveau de "l'avant traitement", pas de problème: la préparation de la bouille est bien maîtrisée (85% surveillent le remplissage du putvé et 96 % rincent les bidons et versent les eaux de rinçage dans la cuve de préparation). Bon point également au niveau des reliquats de bouillie, plus de 70 % les appliquent sur les parcelles, 2$% les stockent et les réutilisent, 6% n'ont jamais de reliquats. Seuls, les 13% restants vidangent leur putvé directement sur soi nu. Le problème principal vient des rinçages (cuve, tracteur, circuits déboute) : plus de 60 % les éliminent sur sol nu, donc peu perméables. Même si le produit est dilué, ces pratiques ne peuvent qu'accroître la concentration de matières actives dans les fossés, donc dans tes rivières. * Enquête présentés par Laurence Lièvre Muzard du FREDEC, à l'occasion as h dernière conférence du Columa.
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Bonnes pratiques agricoles
Les dix commandements
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1* Raisonner les traitements
Éviter les traitements systématiques. Altemer les moyens de lutte (chimiques et non chimiques), ainsi que les familles de produits de traitement. A efficacité égale, choisir les produits les moins toxiques (DL 50 élevée, non nuisibles pour la faune auxiliaire..).
2 • Lire les étiquettes et ajuster la dose
Lire attentivement les instructions figurant sur l'étiquette du produit. Prendre garde au délai d'emploi avant vendange. Ajuster le volume de bouillie à la surface à traiter, afin de limiter les reliquats. Ne dépasser jamais la dose homologuée.
3 • Utiliser un matériel en bon état et bien réglé
Avant chaque application, vérifier le bon état du matériel : buses nettoyées et changées régulière ment, filtres et pompes propres, débits homogènes et réglages adaptés au type de traitement (cf Réussir Vigne n° 35, mars 1998).
4 • Soigner la préparation des produite
La préparation des produits doit se faire dehors, dans un lieu sans risque d'écoulement vers un cours d'eau, un point d'eau ou une zone de captage. Un mélangeur incorporateur monté sur un pulvérisateur facilite le mélange du produit dans la cuve et le rinçage des emballages. Surveiller le remplissage pour éviter tout débordement.
5* Rincer les bidons
Bien vider les emballages de produits dans la cuve ou dans l'incorporateur, les rincer trois fois à l'eau claire puis vider l'eau de rinçage dans la cuve.
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LE RÉGLAGE PU PULVÉRISATEUR
Un point clé pour limiter les pertes de produit. Il doit s'effectuer avant chaque traitement.
homogène, maintenir une vitesse régulière, adaptée au débit choisi.
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8 * Vidanger les fonds de cuve et rincer le pulvérisateur sur la parcelle
Prévoir une réserve d'eau sur l'appareil ou au champ pour diluer les fonds de cuve et rincer. Dès la fin du traitement, diluer (au moins 5 fois) le volume résiduel et répandre sur une parcelle déjà traitée. Puis rincer le pulvérisateur et pulvériser les eaux de rinçage à grande vitesse. Ne jamais vider les eaux de rinçage dans un égout, un puisard; une cours, un fossé..
9 • Éliminer les emballages
Vidés et parfaitement rincés, les emballages peuvent être mis aux ordures ménagères. L'élimination des bidons souillés ou des reliquats de produits inutilisables relèvent, quant à eux, d'une coËecte spéciale. Renseignez-vous auprès des organisations agricoles locales et de l'association Pic' Agri (au CNJA à Paris). Dans tous les cas, n'abandonnez pas et ne brûlez pas les emballages dans la nature !
10 • Nettoyer le matériel sur une zone spéciale ment équipée
Le nettoyage du matériel (tracteur, pulvérisateur) doit se faire sur une aire de lavage spécialement équipée pour la récupération et le traitement des eaux souillées, s. c.
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6 • N'appliquer la bouillie que sur la cible
Ne pas traiter par grand vent. En cas de faible vent, abaisser la rampe et augmenter la taille des gouttelettes par un changement de buses ou une réduction de pression et de vitesse. Par temps chaud, traiter le matin sauf par forte rosée ou mieux le soir après 16 h.
Ne pas pulvériser près des points d'eau (source, ruisseau, fossé même à sec, égout,..). En cas de risque de ruissellement, laisser une bande enherbée (de 12 à 20 m), une haie ou un talus en aval des parcelles pour faire obstacle à l'entraînement du produit vers les points d'eau.
7 • Traiter sans à coup
Pour respecter la dose et obtenir une répartition
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![]() LIMITER TOUT CONTACT
AVEC LES PRODUITS Les produits pénètrent dansl 'organisme par inhalation, ingestion ou par contact avec les muqueuses et la peau.
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Risques encourus par les viticulteurs
De la simple irritation à l'intoxication grave
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Maux de tète, rougeurs, irritations de la peau, des yeux, démangeaisons, diarrhées, vomissements, pertes de connaissance... Voici quelques uns des maux qui guetteraient un agriculteur sur six après utilisation de produits phytosanitaires. Une enquête, réalisée par la Mutualité sociale agricole sur près de 10 000 exploitants et salariés agricoles, montre en effet que 16 à 22 % des personnes ayant manipulé des produits phytosanitaires ont été victimes d'effets indésirables. Mais quelle est exactement la gravité des problèmes rencontrés ? Quelle est la part de responsabilité du manipulateur et celle des produits ? Quels sont les produits incriminés ? Quelles sont les voies de contamination ? Pour en avoir le cœur net, la MSA a créé, en 1991, un réseau de toxicovigilance. Le concept est simple : chaque utilisateur ayant signalé un problème lié à la manipulation de produits est contacté par un médecin du travail qui remplit un dossier anonyme précisant les circonstances de l'intoxication. Après expertise, seuls les dossiers ayant un lien important de cause à effet entre le produit incriminé et les symptômes observés font l'objet d'une exploitation statistique. Les fongicides les plus concernes A ce jour, le réseau rassemble 613 dossiers, 22 % concernent la viticulture. Au hit parade des produits mis en cause en viticulture : les fongicides (64 %) parce que ce sont les plus utilisés, suivis de loin par les insecticides (22%) et les herbicides (10%). "Les effiU màhirabks des fongicides sont plus fréquents mais en général moins graves que ceux des insecticides, sauf pour l'arsenic", précise le Docteur Gingomard, médecin conseiller technique à la MSA. Chez les personnes incommodéesj les fongicides sont souvent responsables d'irritations au niveau de la peau, des yeux ou de la gorge, associées parfois à des troubles digestifs... Peu de choses comparé aux effets de l'arsenic, responsable d'intoxications graves, pouvant provoquer des ulcérations, des troubles digestifs voire des paralysies des membres. Après plusieurs années d'exposition, l'arsenic peut même être à l'origine de cancers de la peau, des pou-
KITS DE SÉCURITÉ MSA
Pour prévenir les accidents, la MSA propose ces kits de sécurité ainsi que des subventions pour l 'achat de protections pour les salariés.
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mons, du foie, alors reconnus comme maladies professionnelles... Parmi les insecticides, les organophosphorés et les carbamates sont responsables de la destruction d'une enzyme présente dans le sang et les globules rouges. Heureusement, Dame nature étant bien faite, en trois mois cette enzyme se reconstitue. Mais voilà, si le manipulateur est réexposé alors qu'il est fragilisé, c'est l'intoxication et son cocktail d'effets indésirables : salivation, larmoiements, maux de tête... et cela peut finir par une perte de connaissance, voire un coma. Dans le réseau de toxicovigilance, le méthomyl (carbamate, insecticide) a ainsi été responsable de plusieurs hospitalisations, Quelles sont les familles de produits dont il faut le plus se méfier ? Etant donné le nombre insuffisant de dossiers validés, impossible d'en avoir une idée précise. Soulignons juste que sur les 127 dossiers viticoles ce sont les dicarboximides et plus particulièrement le folpel qui sont le plus souvent mis en cause parmi les fongicides. Viennent ensuite les aminés et amides, les dithiocarbamates (surtout le mancozèbe) puis le soufre, l'arsenic, les phosphites métalliques et le cuivre. Pour les insecticides, les carbamates et notamment le méthomyl arrivent en tête (mis en cause dans 37 % des dossiers insecticides), suivis des organophosphorés et des pyréthri-noïdes. Chez les herbicides, on retrouve le diquat et le paraquat Lire attentivement l'Etiquette
Alors que faire pour éviter ces incidents ? D'abord, se protéger. L'analyse des moyens de protection sur le réseau de la MSA montre en effet que 60 % des professionnels de l'agriculture incommodés n'ont utilisé aucune protection. Seuls 25 % portaient soit une combinaison, soit un masque, soit des gants ou traitaient avec un tracteur équipé d'une cabine à air filtré. Aucun, enfin, n'avait respecté toutes les conditions : traiter sans vent, avec une température inférieure à 25 °C et posséder toutes les protections... Se protéger mais aussi limiter les risques en choisissant les produits les moins toxiques : à efficacité égale; mieux vaut opter pour un produit à DL 50 élevée. Mais attention, la DL 50 ne dit pas tout, ce n'est qu'un indicateur de risque qui, même s'il est élevé, ne dispense pas de suivre toutes les recommandations d'utilisation. Lisez donc attentivement l'étiquette et particulièrement les conseils de prudence et les phrases de risque qui donnent une indication sur lés dangers rencontrés avec le produit. D existe également une autre mesure, la DJA (dose journalière acceptable) qui indique la quantité de produit chimique qu'un être humain peut ingérer chaque jour, pendant sa vie entière, sans danger pour sa santé. DL 50 et DJA figurent dans l'index phytosanitaire (ACTA). s. c.
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PREVENTION
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La panoplie du parfait
manipulateur
Masque, gants, combinaison, bottes... telle est la panoplie complète qui permet d'éviter des intoxications parfois graves, A condition toutefois de choisir les bonnes protections.
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LUNETTES
■ Faute de masque complet protégeant les yeux, équipez vous de lunettes enveloppantes (conforment aux normes CE EN 166-168) pour éviter les éclaboussures mais aussi la diffusion des produits au travers de la conjonctive de l'oeil. Toutes poussières, brouillards de pulvérisation et embruns qui se déposent sur les yeux pénètrent aussitôt dans l'organisme !
COMBINAISON
■ Lors de la préparation des bouillies, le manipulateur doit porter une combinaison imperméabilisée (type ciré) réservée à l'utilisation des produits phytosanitaires. Autre précaution : se débarrasser de ses vêtements de travail avant de monter dans le tracteur pour traiter. Après traitement changer une nouvelle fois de vêtements et se doucher avant de reprendre toute activité et même de fumer. La pénétration des produits peut en effet être insidieuse : en mangeant ou fumant avec des doigts souillés, le produit va passer des doigts aux lèvres et des lèvres à la voie digestive.
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MASQUE
Changez les cartouches
■ Les produits phytosanitaires pénètrent facilement dans les voies respiratoires et passent alors immédiatement dans le sang, via les poumons. Le port d'un masque est indispensable pour préparer les bouillies et pendant les traitements si le tracteur n'est pas équipé d'une cabine de filtration. Le masque doit être doté d'un appareil filtrant à cartouches. Les normes de base à respecter sont de type A (contre les vapeurs organiques) et P (contre les poussières). Le minimum conseillé étant Al P3. Les protections de type B (anti-gaz inorganiques) et E (gaz acide), très coûteuses, ne sont pas absolument nécessaires. Il existe des masques couvrant seulement le nez et la bouche (moins de 1000 F) ou mieux, des masques complets couvrant toute la tête. Sous forme de cagoule ou de casque, ils sont alors équipés d'une ventilation assistée (de 2000 à 3000 F). Dans tous les cas, les cartouches doivent être changées au bout de 20 à 30 h d'utilisation : au moins une fois tous les 6 mois en cas d'utilisation occasionnelle, une fois par semaine en cas d'utilisation continue, plus souvent s'il existe une ventilation assistée et dans tous les cas si l'utilisateur perçoit l'odeur de la substance ou s'il éprouve des difficultés à respirer (Compter 100 F la cartouche de type A2 P3). Les cartouches doivent être stockées dans un endroit différent de celui des produits. Évitez de laisser masques et cartouches au soleil ou à la chaleur et n'essayez pas de régénérer vous même le charbon actif des cartouches dans le four de votre gazinière !
BOTTES
■ Évitez le caoutchouc et portez des bottes répondant aux normes CE EN 345-346-347, marquage S5 ou P5.
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GANTS
En nitrile ou néoprène
■ C'est la protection de base de l'utilisateur puisque la main est la partie du corps la plus exposée à la contamination. Mais attention, pas question de choisir n'importe quel type de gant. Il doit avant tout être étanche et ne pas se dégrader au contact d'un produit chimique. Les matériaux les plus adap tés sont le nitrite et le néoprène. On préférera le latex en cas de présence de cétones ou de diméthylforma-nides. Pour que le gant ne reste pas au placard, il faut également prendre en compte sa souplesse et son confort, assurant dextérité, sensibilité tactile et limitant la transpiration (doublure en coton par ex.). Pour l'utilisation, 5 règles de base sont à respecter : portez les gants sur mains sèches et propres, rincez les à l'eau courante avant de les retirer, laissez sécher l'intérieur avant de les réutiliser et, surtout, vérifiez qu'ils ne sont pas abîmés avant de les remettre !
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Les cabines A air filtre
Pas toutes efficaces à 100%
10 % des produits arrivant sur des cabines équipées de dispositifs d'épuration d'air pénètrent à l'intérieur. Conclusion : le viticulteur se croit à l'abri, alors qu'il peut tout à fait être intoxiqué. Ces résultats inquiétants sont le fruit de tests réalisés par la MSA en conditions réelles de traitements. Des essais qui ont notamment mis en évidence des erreurs de conception graves, comme l'insuffisante prise en considération de la phase aérosol des produits ainsi que le risque à posteriori de relarguage de produits dans la cabine lorsque les filtres sont saturés. Forte de ce constat, la MSA a défini un cahier des charges d'une protection efficace. Condition première : l'air introduit dans la cabine par la ventilation doit être suffisamment épuré. "E est possible d'obtenir un niveau de performance équivalent à celui requis pour les masques respiratoires à ventilation assistée" affirme Jean-Pierre Larrat, ingénieur conseil à la MSA, Mais la seule filtration de l'air ne suffit pas : il faut isoler l'opérateur des produits dangereux grâce à une étanchéité suffisante de la cabine (notamment au niveau des passages de commandes) et la pressuri-
Dany Fèvre. viticulteur champenois
"Sortez couvert !"
"Pour la préparation des produits je mets un masque filtrant, des gants et une combinaison de protection) en toutes circonstances, même si le produit n'est pas toxique, c'est devenu un réflexe. Aux jeunes, j'ai envie de dire : sortez couverts, à tous les niveaux ! En réalité, j'utilise des gants jetables et j'enfile par-dessus de gros gants en caoutchouc. Car je défie quiconque de retirer la languette de sécurité d'un bidon ou d'ouvrir un sac avec de gros gants. Quant aux produits, ils sont placés dans une armoire fermée à clef. Je pense à mes enfants ! La préparation des bouillies se fait à l'extérieur, dans un ïncorporateur équipé d'une pompe. En premier je mets l'eau, ensuite le produit, en faisant passer plusieurs fois en circuit fermé pour bien mélanger. J'incorpore ensuite le mélange dans le I pulvérisateur à moitié rempli d'eau avec l'agitation en marche. Le tuyau de remplissage est équipé d'un clapet anti-retour. Autres petits trucs : sur mon tracteur, j'ai fixé à portée de main une pince pour le démontage des buses et une petite brosse pour les nettoyer. Ça évite de souffler avec la bouche... Je termine toujours les l traitements par une parcelle à plat pour que le DANY FÈVRE réservoir se vide bien. Je travaille au compte tours et en faisant à chaque fois le même parcours, je tombe "tip-top". Je mets juste un peu plus de produits pour ne pas tomber en panne. L'équivalent de 10 ares. S'il reste du produit, je passe à grande vitesse sur la parcelle. Je libère ensuite les 60 1 d'eau de la cuve de rinçage et repasse à grande vitesse sur la parcelle. Je ne lave mon enjambeur et mon tracteur qu'en fin de campagne sur une aire de lavage. J'ai la chance de pouvoir mettre les eaux souillées directement à la station d'épuration. Les bidons sont lavés 5 ou 6 fois et éventrés pour éviter toute récupération. Mais n'oublions pas que la meilleure protection pour l'homme et l'environnement c'est de moins traiter, Sur nos 5,5 ha de vigne, nous pratiquons la lutte raisonnée et choisissons les produits les plus doux possibles ! S. C.
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LA CABINE À AIR FILTRÉ BUISARD
Elk protège efficacement le conducteur des produits, même en conditions difficiles.
ser légèrement pour éviter la pénétration de l'air extérieur. On obtient ainsi une épuration de l'air 100 à 200 fois meilleure qu'avec les équipements classiques. Mais pour que les systèmes soient totalement efficaces, encore faut-il que la cabine soit climatisée car, par fortes températures, le viticulteur sera tenté d'ouvrir les fenêtres,,. A l'heure actuelle) seule la société Buisard semble proposer un système de protection efficace. Pour les autres) dans des conditions difficiles (vents forts, jets portés, pulvérisateurs pneumatiques), mieux vaut compléter la protection par un masque individuel. Dans tous les cas, l'entretien des cabines est essentiel. Il faut changer régulièrement les filtres et veiller à conserver les performances de la pressurisation et de la climatisation ! se
Marie-Antoinette Ginsomard, Médecin conseiller technique national à la MSA
"Des soupçons sur les produits, mais beaucoup d'inconnus"
"L'analyse des dossiers du réseau de toxicovigllance, révèle beaucoup
d'incidents plutôt de type aigu. Sur les 343 dossiers validés, nous avons
enregistré 15 % d'hospitalisation, un chiffre non négligeable pour des
professionnels ! Il ne faut pas non plus négliger les maladies chroniques type
cancers, troubles de la reproduction, malformations... Le réseau nous
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informe peu sur ces maladies qui peuvent avoir de
nombreuses causes, beaucoup d'études sont en cours.
A Besançon, le professeur Jean-François Viel a conclu que
les viticulteurs français présentaient un risque de mortalité
par cancer du cerveau supérieur de 25 % à celui de la
population générale. L'exposition aux pesticides a été
évoquée. Cependant, cette étude se base sur un petit
nombre de cas (258 morts par cancer du cerveau, contre
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2D1 attendus). On sait également que la maladie de
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Parkinson est plus répandue en milieu rural. Il y a des
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MARIE-ANTOINETTE GINGOMARD
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soupçons sur les produits, mais il reste beaucoup
d'inconnus. Face à cela, mieux vaut adopter le principe de prudence. Il faut
développer la prévention individuele et colective par la remontée
d'informations aux pouvoirs publics et aux fabricants. C'est ainsi que pour un
insecticide (le méthomyl), une consultation avec le fabricant est en cours et
devrait aboutir à une modification de l'étiquetage et peut-être à un
changement de formulation".
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