A méditer
Ces produits phytopathogène appelés sympathiquement phytosanitaire.
Sommes nous plus près de Sodome et Gomorrhe que de Ninive ? Quand va-t-on
réagir ?
Veut-on ignorer l'arbre de la connaissance ?
« Le troisième ange sonna de la trompette : il tomba du ciel un grand astre, brûlant comme une torche ; il tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. L'astre se nomme Absinthe : le tiers des eaux se changea en absinthe, et bien de gens moururent de ces eaux devenues amères. » (Apocalypse de St Jean) ; Avec quoi pourrai être comparer cette Absinthe ?
Courrier envoyé par Jacques Beaufort à la Revue des Vins de France (RVF)
A l'article de la RVF n°448 (Faut-il continuer à produire bio)
Ce n'est pas pour défendre les sels de cuivre qui sont plus ou moins toxique, le cuivre ne migre pas, s'accumule dans le sol, tue ou éloigne les vers de terre, neutralise les aromes dans certains cépages. Quelques essais ont été faits pour réduire le cuivre en bio.
Depuis 1974, je soigne les vignes en aromathérapie et depuis 1980 en homéopathie, afin de supprimer l'emploi du cuivre ou au pire à le limiter. Certaines années comme en 2000, le temps et les souches résistances, les doses légales risquent d'être dépassées si bien que les viticulteurs bio seraient en infraction ou étouffés par la loi. Ainsi il faudrait recourir à des produits plus traitées que le cuivre aux quels je fais des allergies.
Aussi faut-il arrêter de se voiler la face et se donner bonne conscience avec le culture raisonnée qui se dit encore plus « respectueuse de l'environnement ». Mais où est le raisonnement? Où est le respect de l'environnement ? C'est à dire qu'avant on ne raisonnait pas ? Et on polluait avec les même produits, non ?
L'Homme s'acharne à singer le créateur avec sa chimie de synthèse, pour faire un monopole et un profit ; ces molécules artificielles sans vie sont et restent étrangère et perturbent la bonne organisation.
Reste à savoir les conséquences sur l'avenir de l'air, de l'eau, de la terre et de tout ce qui vit.
Avec tous ces produits, les désherbants chimiques, l'Homme fossilise et désertifie la terre et les catastrophes seront encore à venir.
Ces produits agissent comme le feu, ils brûlent l'humus qui est comme l'éponge pour le sol et filtre de l'eau pour la nappe phréatique. Ils tuent les micro-organismes, etc. ... Les sols ne sont plus travaillés l'eau ne pénètre plus, coule sur le sol, les nappes phréatiques ne sont plus ravitaillées. Le peu d'eau qui rentre dans le sol entraîne des molécules indésirables. L'eau est empoisonnée nous est vendu comme potable.
En attendant peu pratique la culture biologique, mais beaucoup s'en réfèrent pour commencer et duper les clients.
PS : par exemples, il n'y a que 1ha 60 de vigne en bio à Ambonnay qui ne sont pas désherbées chimiquement elles sont ce moment bien verte d'herbe et l'eau pénètre.
Article publié par la Revue du Vin de
France
n°477 Décembre 2003/Janvier 2004
courrier lecteur
« Avec la chimie de synthèse, l'homme veut singer le Créateur »
■ Je réagis à la lecture de
LA RVF n° 448 (Faut-il
continuer à produire bio
?). Il faut arrêter de se
donner bonne conscience en
nous rebattant les oreilles
avec la culture raisonnée.
Ceux qui se réfèrent à la
culture biologique ne
mettent pas toujours leurs
actes en conformité avec
leurs discours ! La réalité est
plus inquiétante :
l'homme s'acharne en effet
à singer le Créateur en
développant des traitements
de la vigne issus de la chimie de synthèse,
ce qui conduit à la mise en place d'un
monopole et à la multiplication des profits.
Ces molécules artificielles sans vie
introduites dans les sols restent étrangères
et perturbent la bonne organisation de tous
les organismes vivants. On ne sait rien en
effet des conséquences de ces produits à
long terme sur l'air, l'eau, la terre et tout ce
qui vit. Avec les désherbants chimiques,
l'homme fossilise, désertifie la terre, et
des catastrophes sont à venir. Ces produits
agissent comme le feu, ils brûlent
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l'humus qui est comme l'éponge pour le sol et un filtre efficace pour l'eau jusqu'à la nappe phréatique. Ils tuent les micro-organismes. Les sols ne sont plus travaillés, l'eau ne pénètre plus le sol, les nappes phréatiques ne sont plus alimentées. Le peu d'eau qui rentre dans le sol apporte des molécules indésirables. L'eau empoisonnée nous est vendue comme potable. En attendant, si peu de producteurs pratiquent la culture biologique, beaucoup s'y réfèrent pour duper les clients.
Beaufort, vigneron à Ambonnay
Pesticides : 40 ans d'études. A quand une décision politique?
Dr Lylian Le Goff; France Nature Environnement
La toxicité des pesticides ne fait
aucun doute : elle est la raison
même de leur utilisation !
Nul n'ignore leur extrême danger,
depuis la première vive polémique
avec les intérêts industriels
dans les années 1960 qui avait
conduit à l'interdiction partielle
du DDT... seulement dans les pays
occidentaux.
Néanmoins, les pesticides sont
encore et toujours utilisés
et contaminent l'écosystème
tout entier.
Roundup produit par Monsanto : les études rassurantes habituellement mises en avant ne prennent en compte
ni les produits de dégradation ni les produits qui lui sont ajoutés dans la formulation utilisée par l'agriculteur...
Les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides agricoles
Au côté des études montrant les dangers des pesticides notamment cancérigènes, il est montré, au moins depuis 1991, que, lors des traitements, seuls cinq pour cent
des pesticides pulvérisés atteignent les végétaux, le reste se dispersant dans l'atmosphère ! (6) Dès lors c'est un véritable cocktail de pesticides qui est déversé dans l'atmosphère, soit plus de 100 000 tonnes par an pour la France, H importe que les pouvoirs publics prennent des décisions rapidement sans tou­jours et encore se retrancher derrière le manque d'études et la complexité des mécanismes de synergie en jeu. Il s'agit non seulement d'interdire ces produits mais de repenser toute l'agriculture, tant il est vrai que la banalisation des pesticides est en soi une véritable pollution culturelle. "                                           
D e tous les facteurs de risque imprégnant notre environnement et menaçant notre santé, la pollution par les pesticides du sol, de l'eau, de l'ensemble de la chaîne alimentaire et même de l'air que nous respirons est assurément l'un des plus pré­occupants. La première synthèse nationale évaluant l'ampleur de la pollution a été publiée en octobre 1998 par l'IFEN (1) et conclut à "la contamination générale des eaux par les pesticides" : trois pour cent seulement des rivières sont épargnées. Trois pour cent
Aujourd'hui, l'usage des pesticides est banalisé à un tel point que les agriculteurs n'en perçoivent pas les dan­gers pour eux-mêmes et donc a fortiori pour les tiers et l'environnement. Le ministère de l'Agriculture lui-même reconnaît que les "agriculteurs sont les pre­mières victimes des pesticides agricoles" et affirme même qu'une partie des agriculteurs semble "ignorer les dangers des pesticides" (2). Le nombre des passages pour traiter les cultures est très élevé : en moyenne plus de huit pour le blé tendre, six sur les principales grandes cultures et fréquemment plus de trente par an dans les vergers ! (3) Dans ces conditions, il n'est guère étonnant de constater une forte augmentation des can­cers chez les agriculteurs, notamment des cancers du cerveau et des testicules (4).
La France est le deuxième utilisateur mondial de pes-ticides avec plus de 110 000 tonnes par an, soit un mar-ché de 14 milliards de francs auxquels s'ajoutent 7 mil-liards de francs d'exportations (5). Cela correspond à une politique de production agricole intensive qui, fra-gilisant les espèces, oblige non seulement à utiliser les produits de traitement mais aussi à en devenir dépen-dant, tel un malade devant sa survie aux médicaments. Il est important de remarquer que l'ingestion de pesticides via l'alimentation serait nettement accentuée si les plantes génétiquement manipulées (OGM) devaient se répandre, car elles en seraient totalement imprégnées ; elles sécrètent elles-mêmes un insecticide et tolèrent davantage les herbicides totaux tels que le glyphosate et le glufosinate ammonium. Rappelons a ce propos l'imposture des herbicides à base de glyphosate dont le fameux
Notes
(1)  IFEN (1998). Études et travaux n° 19. Les pesticides dans les eaux: collecte et traitement des données.
(2)  Ministère de l'Agriculture (19961. Atteste n° 1.
(3)  Ministère de l'Environnement (1998). Agriculture, monde rural! et environnement, Rapport à la ministre de l'Aménagement du ter­ritoire et de l'Environnement. Jean-Luc Pujol et Dominique Dron, p. 446.
(4)  Pr Viel, XXX, surmortalité de 25 % par cancer du cerveau chez les vignerons de l'Est de la France. Pr Jegau, augmentation des can­cers testiculaires XXX.
(5} UIPP Union des industries pour la protection des plantes (en clair, les producteurs de biocides !). www.uipp.org (6) European Environnement Agency (1999). Environment in the European Union al the iuni ofthe centtity. Voir le chapitre 3.3
Dispersion ofhazardous substances, page 116, nombreuses références. Consultable sur www.eea.dk
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CHU de Montpellier
Malformations du sexe des bébés : une étude scientifique accuse les pesticides
Cette étude scientifique porte sur 2043 naissances en 2002 à la maternité Clémentville à Montpellier
Pesticides et hormones :
des connaissances acquises depuis plus de 10 ans
En 1996, paraissait aux Etats Unis le livre "Our
stolen future" traduit en 1997 en France sous
le titre "L'Homme en voie de disparition" publié
aux éditions terre Vivante. Spermatozoïdes
en baisse, maladies infectieuses en
hausse, cancers du sein et des testicules
en constante augmentation, telle est
aujourd'hui l'Inquiétante réalité.
Forçant la barrière du placenta, les perturbateurs chimiques s'aËaquent en effet
au fragile équilibre hormonal du fœtus et peuvent hypothéquer
définitivement son développement sexuel, la mise en place de son
système nerveux et l'efficacité de ses défenses immunitaires.
L'homme en voie de disparition ?» a fait sensation lors de sa parution.
a été jugé suffisamment important par le vice-président des Etats-Unis Al Gore pour qu'il en écrive la préface, et suffisamment dérangeant pour qu'une partie de l'industrie chimique américaine ait entrepris - en vain -de le discréditer.
Ce livre décrit les recherches visant à comprendre comment les pesticides agissent sur les systèmes hormonaux. Les hormones jouent en effet un rôle essentiel dans les processus vitaux, depuis notre développement sexuel jusqu'à notre comportement, notre intelligence et nos défenses immunitaires.
Déjà en juillet 1991, un groupe de scientifiques, spécialistes de ces questions, s'est réuni à Wingspread (Wisonsin USA) afin d'examiner les connaissances sur ce sujet, voici quelques extraits de leur déclaration finales qui tirait la sonnette d'alarme :
Nous savons avec certitude que :
 Un grand nombre de produits chimiques de synthèse libérés dans la nature, ainsi que quelques composés naturels, sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y compris l'homme. Il s'agit notamment des composés organochlorés, qui, du fait de leur persistance, s'accumulent dans les chaînes alimentaires.
Ceux-ci comprennent certains pesticides (fongicides, herbicides et insecticides) et produits chimiques, ainsi que d'autres produits synthétiques et certains métaux.
 De nombreuses populations d'animaux sauvages sont d'ores et déjà affectées par ces composés. Les effets incluent le mauvais fonction­nement de là thyroïde chez les oiseaux et les poissons ; une baisse de fertilité chez tes oiseaux, les poissons, les coquillages et les mammifères ; une diminution des éclosions chez les oiseaux, les poissons et les tortues ; des malformations grossières à la naissance chez les oiseaux, les poissons et les tortues ; des anomalies du métabolisme chez les oiseaux, les poissons et les mammifères : la féminisation des mâles chez les poissons, les oiseaux et les mammifères ; des anomalies de comportement chez les oiseaux ; la masculinisation des femelles chez les poissons et les oiseaux ; des déficits immunitaires chez les oiseaux et les mammifères. ~ •Les effets varient selon les espèces et les composés. Toutefois, on peut faire quatre remarques:
 les composés concernés peuvent avoir des effets très différents sur l'embryon et sur l'adulte ;
 les effets se manifestent surtout sur la génération suivante, et non chez Les parents exposés ;
- la période d'exposition au cours du développement de l'organisme est cruciale, déterminant l'ampleur et la nature des effets ;
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- la période d'exposition la plus critique correspond a la vie embryonnaire, mais les effets peuvent ne pas se manifester avant Page adulte. *Les études en laboratoire confirment les développements sexuels anormaux observés dans la nature et permeËent de comprendre les mécanismes biologiques mis enjeu. •Les humains sont également affectés par ces composés toxiques...
Nous estimons que :
•Les tests de toxicité devraient être élargis pour prendre en compte une éventuelle activité hormonale.
*II existe déjà des méthodes pour analyser les effets restrogéniques ou androgéniques des composés à effet hormonal direct. La réglementation devrait étendre ces analyses à tous les nouveaux composés ou produits secondaires. Si les tests sont positifs, des effets fonctionnels devraient être recherchés au moyen d'études sur plusieurs générations, et ne pas porter seulement sur les malformations congénitales. Ces procédures devraient s'appliquer aussi aux produits persistants libérés dans le passé.
  II est urgent de donner la priorité aux effets reproducteurs ou fonctionnels lorsque l'on évalue les risques pour la santé. La recherche d'effets cancérogènes ne suffit pas.
  II est nécessaire de réaliser un inventaire complet des composés chimiques lorsqu'ils sont mis en vente et libérés dans l'environnement Ces informations doivent Etre plus facilement accessibles. Elles nous permeËront de réduire la contamination. Plutôt qu'établir des nonnes de pollution séparées pour l'air, l'eau et le sol, il est nécessaire d'envisager les écosystèmes dans leur ensemble.
 L" interdiction de la production et de l'emploi des produits chimiques persistants n'a pas résolu le problème de la contamination. De nouvelles approches sont nécessaires pour réduire celle-ci et pour empêcher de nouvelles contaminations par des produits nouveaux aux caractéristiques similaires.
 L'impact sur les animaux sauvages et les animaux de laboratoire est si profond et si insidieux qu'il est nécessaire de lancer un vaste programme de recherche sur l'homme.
  II faut remédier au manque d'information des communautés scientifiques et médicales concernant les perturbateurs hormonaux dans l'environnement, leurs effets fonctionnels et la notion d'exposition se transmettant d'une génération à l'autre. Les déficits fonctionnels ne se manifestant pas à la naissance et parfois pas avant l'âge adulte, ils passent souvent inaperçus des médecins de parents et des organismes de contrôle, et la cause n'est jamais identifiée.
12 ans après ce constat, les premières études scientifiques françaises viennent confirmer les affirmations du groupe d'experts américains. Voici la présentation succincte d'une étude scientifique réalisée au CHU de Montpellier :
En 2002,25 nouveaux-nés garçons malformés à la maternité Clémentville à Montpellier
II y a quinze mois, c'était une « hypothèse ». Face ï la progression inquiétante du nombre de bébés garçons arrivés avec une malformation génitale dans son service d'endocrinologie pédiatrique, au CHU de Montpellier, face à l'apparition de pubertés de plus en plus précoces chez les filles, le professeur Charles Sultan meËait en cause les pesticides, soupçonnés de copier l'activité des hormones femelles - les œstrogènes -ou d'annihiler l'action des hormones mâles, les androgènes. L'équipe du professeur Sultan a engagé avec le soutien de l'Europe une étude épidémiologique sur le sujet : 2043 naissances ont été suivies
en 2002 à la maternité montpelliéraine Clémentville, dont la moitié (1033) de garçons. Vingt-cinq ont une malformation : 4 micropénis, 12 cryptorchidies, 7 hypospadias, 2 pseudohermaphrodismes ( 1 ), Bilan : « // existe une augmentation de la prévalence des malformations génitales du garçon. Les taux sont dix fois supérieurs aux données habituelles, cent fois plus pour le pseudohermaphrodisme. C'est énorme », s'inquiète le professeur Sultan, d'autant que « l'étude a été menée dans une maternité qui n'accueille pas de grossesses à risques ». Autre constat : parmi ces 25 enfants, 8 d'entre eux (32 %) avaient un parent agriculteur particulièrement exposé aux pesticides. Dans un échantillon témoin de 50 enfants "normaux" tiré parallèlement au sort, seulement 4 avaient des géniteurs plus exposés. «r Un enfant d'agriculteur a quatre fois plus de risques d'avoir une malformation génitale », conclut le professeur Sultan. Des analyses plus poussées sur le pseudohermaphrodisme montrent une activité biologique anormalement élevée des œstrogènes. L'étude vient d'être présentée à Copenhague. * Pour la première fois, on dispose de données de prévalence vraies », souligne le professeur Sultan, encouragé par un début de prise de conscience, même si « un certain nombre d'autorités minorent le problème », si * les responsables disante publique n 'ont pas conscience de l'ampleur du phénomène » : « Les grandes revues de pédiatrie s'intéressent au sujet. Les pesticides auraient aussi une incidence sur la croissance, le développement neurologique... C'est un problème de société, un cri lancé pour susciter une prise de conscience.
Il faudrait déclarer un moratoire sur l'utilisation des pesticides. » Charles Sultan s'apprête à lancer une nouvelle étude sur la puberté précoce. Pour lui, pas de doute, les pesticides sont en cause. A l'automne, son service a reçu une petite fille d'un mois, « avec les seins d'une gamine de 12 ans ».
(1)Hypospadias : l'orifice de l'urètre n'est pas au niveau du gland, cryptorchidies : testicules non descendus, micropénis : verge courte.
Une référence en France
L'étude associe recherche clinique (Charles Sultan, Claire Jeandel) et génétique (Unité Insérai 439 de Françoise Paris). Le professeur Sultan a acquis une notoriété internationale, en 2001, il a obtenu le prix de la recherche de la société européenne d'endocrinologie pédiatrique.
Conclusion
Cette étude nous montre une nouvelle fois que la France 3ème consommateur mondial de pesticides n'est pas épargné par cette dramatique pollution. Avec 1,7% de la surface agricole utile en bio soit 98,3% des surfaces en agriculture polluante en ajoutant les jardins des particuliers, les espaces verts... la France est le plus mauvais élève de l'Europe. Une évolution des consciences dans ce pays est encore nécessaire ! Tous les citoyens conscients doivent se mobiliser pour sortir la France de cette impasse, cette mobilisation passe par une évolution dans nos comportements sur le plan de nos modes de vie, de production et de consommation. Cette évolution doit s'accompagner d'une action dans le domaine collectif de la "gestion de la cité". Il est nécessaire que des objectifs ambitieux et des moyens conséquents soient discutés et définis démocratiquement pour avancer vers une décroissance rapide de l'utilisation des pesticides et donc d'un développement plus rapide de l'agriculture biologique et paysanne. Il serait évidemment possible qu'en 10 ou 15 ans l'agriculture biologique et donc durable soit le mode de production agricole majoritaire en France. Cela paraît encore , énorme, mais pourtant cela sera possible lorsqu'une majorité de citoyens de ce pays le décidera. Bibliographie :
L'homme en voie de disparition ?
Théo Çolbora, Dianne Dumanosti. John Peterson M vers Commande possible 16,89 €, frais de port compris, aux Editions Terre Vivante - BP 20
- 38711 Mens Cedex - 04 76 34 80 80
Déclaration de Wingspread
Le Midi Libre, Quotidien régional, article de Sophie Guiraud, 7 mus 2003
Pesticides
Surmortalité par cancer chez les agriculteurs
Les agriculteurs français courent un risque de mourir d'un cancer du cerveau de 25 % supérieur à celui de la population générale, qui serait lié aux pesticides, selon une étude citée dans le mensuel « Sciences et avenir » d'août.
La surmortalité des agriculteurs par tumeur au cerveau a été mise en évidence en comparant les statistiques de décès (252 morts en trois ans suite à ce type de tumeur), survenus entre 1964 et 1986 che2 S37 413 agriculteurs, âgés de 35 à 74 ans. et celles enregistrées (201) dans la population française, a précisé le professeur Jean- François Viel, responsable de cette étude à paraître dans le journal médical américain « Archives of environ mental Health >■. « Les pesticides utilisés dans les vignes sont potentiellement responsables d'une partie de ta mortalité par cancer du cerveau chez les agriculteurs », selon le professeur Vie!
Son équipe avait déjà trouvé chez les agriculteurs français un risque
accru de mortalité due à d'autres cancers (cancer de la vessie, leucé­mies et myélomes multiples), vrai­semblablement lié à f usage de pes­ticides. Cette précédente étude montrait un risque plus marqué pour le cancer de la vessie et sans au­cune relation avec le tabagisme. Le mensuel qui publie un dossier sur les pesticides, réclame « l'interdic­tion d'urgence » de douze de ces « poisons ». L'alachlore, latrazine; le bénomyl, le cartxiryl. le cyana-zineh le dicofoJ. le nrrancozèbe, la manèbe, le métirame, le zinèbe, le trifluratine et le « 2,4 D » sont « sus­pects de provoquer un cancer et de perturber les fonctions endocri­niennes et/ou de la reproduction », selon le mensuel
"On aurait sauvé
des millions d'enfants si on avait
mieux prévenu la pollution rr
Gilles-Eric Seralini
43 ans, professeur en biologie moléculaire à l'université de Caen. président du conseil scientifique du Comité de recherche et d'Information indépendantes sur le génie génétique (Crii-Gen). Il est, depuis 1998, l'un des experts du gouvernement français sur les OGM et, depuis peu. de l'Union européenne. Il vient tin publier Génétiquement Incorrect, éd. Flammarion, 320 p., 19 €.
Tandis que le Téléthon s'apprête à faire appel, une fois encore, à la générosité et à la solidarité nationale nue profit de la recherche sur les maladies génétiques, un livre vient apporter un bémol à cet optimisme collectif et télévisuel. Signé par un professeur en biologie moléculaire. Gilles-Eric Seralini, Génétiquement incorrect fait savamment le point sur -entre autres -la thérapie génique. Au risque de déranger.
Télérama : Alors que le Téléthon célèbre sa dix-sep­tième année d'existence, quel bilan peut-on dresser de la recherche en thérapie génique ? Gilles-Eric Seralini : II faut bien avouer que les promesses n'ont pas été tenues et que (es résultats ne sont pas à la hauteur des attentes des malades et de leurs familes. Quasiment aucune maladie génétique rare n'a pu eue soignée. Un des seuls exemples de réussite concerne les bébés-bulles, ces enfants atteints d'un grave déficit immunitaire qui les condamne à vivre en milieu stérile. Grâce â l'injection de cellules corrigées avec le gène normal qui leur faisait défaut, dix enfants ont pu rentrer cheï eux. Mais, quelque temps après )e traitement, deux d'entre eux ont développé, contre toute attente, une forme de leucémie.
En fait, le concept même de thérapie génique ne fonctionne pas, On sait aujourd'hui qu'il ne suffit pas de remplacer un gène défectueux par un autre pour que tout s'arrange. Nous découvrons grâce au décryp­tage du génome humain que les gènes sont imprévi­sibles, qu'ils agissent en réseau, que la fonction de cha-
cun peut en cacher une autre, qu'ils peuvent -se taire », c'est-à-dire ne pas développer la maladie dont ils sont éventuellement porteurs. Nous savons aussi qu'ils vieillissent, mutent, se réveillent, sont parfois mobiles... Bref, leur fonctionnement est multiple et complexe. Télérama : La thérapie génique n'offre-t-elle donc aucune perspective t
Giles-Eric Seralini : Soyons optimistes. Ele reste tou­jours un espoir, mais seulement pour une petite mino­rité de maladies génétiques rares. C'est-à-dire celes dont le mécanisme est relativement simple et facilement iden­tifiable. C'est le cas de certains bébés bulles puisqu'ils semblent souffrir de l'absence d'une seule protéine. La France, qui avait suspendu ses expériences, tes a reprises parce que les avantages du traitement ont été jugés supérieurs aux inconvénients, Dans d'autres pays, tes recherches se poursuivent également. Mais, sur près de quatre mile malades, les succès sont extrêmement rares. Les laboratoires et tes industries privées, en gar­dant leurs protocoles confidentiels, ne font que nuire aux avancées,
Télérama : Depuis le décryptage du génome humain,
qu'est-ce qui a changé dans la manière d'appréhender
les maladies génétiques ? Giles-Eric Seralini : Pendant
longtemps, on a répandu l'idée trop simple qu'à chaque
maladie correspondait un gène. Par exemple : lei
gène défectueux égale une myopathie. Or l'équation est
autrement plus compliquée. Ce n'est pas un mais
plusieurs dizaines de gènes
Débat maladies génétiques
Sur le web
Prolonger le débat
Sur les forums
De www.telerama.fr
qui doivent agir en même temps. Les différentes myopathies dépendent d'une centaine de gènes I imaginer soigner une maladie avec un seul gène équivaut à vouloir arrêter des balles avec un sabre, les yeux bandés I D'autant plus que lorsqu'on implante un gène dans le génome on ne sait pas maîtriser l'endroit où il va s'Installer, ni sa régulation. Or, selon la place qu'il va prendre, les effets seront très différents. Et, de fait, médecins et chercheurs jouent à l'aveuglette. C'est en ce sens que la thérapie génique est un concept réducteur qui fait naître des.espoirs démesurés lors des grandes collectes auprès du public.
Télérama : SI ta population y croit, c'est que médecins et chercheurs y croyaient eu* aussi. Avez-vous le sentiment que beaucoup aujourd'hui partagent votre scepticisme ? Gilles-Eric Seralini : La plupart des spécialistes savent que la thérapie génique ne pourra être une solution simple ni généraliste, l'Académie des Sciences s d'ailleurs mis en garde sur ses limites. Elle a fait bien moins de progrès que la radiothérapie, la chimiothérapie, la chirurgie ou les études sur -les celules souches.
Télérama : Vous mettez a mal une autre certitude : que le* maladies génétiques ne sont que le fait du hasard et de hérédité... Gllles-Erlc Seralini: En effet, la polution aussi peut favoriser des mutations et être à l'origine de nombreuses maladies génétiques. La qualité de l'air, de l'eau et des aliments est donc très importante. Prenons le can­cer du sein, qui est l'objet de nombreuses études. On sait aujourd'hui que plus de 90 % des cas dépendent de facteurs environnementaux. La période la plus sen­sible est la vie fœtale. On a bien vu les effets de la pol­lution è Bhopâl, Tchernobyl, Seveso et autour de la mer d'Aral; par exemple. Les polluants sont Ingérés par la mère puis transmis au foetus, qui concentre ces substances, lesqueles vont aller se coler sur des gènes et créer des mutations. Vingt ans plus tard. Ils peuvent provoquer des cancers. Et, de fait, les cancers aug­mentent chez les enfants dans les pays industrialisés. Selon nos recherches avec un professeur de Toulouse, Annie Leszkowicz, les fœtus humains peuvent emma­gasiner plusieurs centaines de poluants sur leurs gènes. Ces résidus industriels, pesticides, toxines, gai toxiques et cancérigènes se fixent sur les gènes les plus utili­sés, ce qui va empoisonner en douce l'ensemble des fonctions de notre organisme, sans que l'on puisse pré­voir quel organe ils vont toucher. C'est en cela qu'on peut parler de hasard. Mon colègue Chartes Sultan, pédiatre
au CHU de Montpellier, montre que les malformations sexuelles chez les nouveau-nés augmentent notable­ment chez les agriculteurs qui utilisent certains pesti­cides. Donc, arrêtons de culpabiliser les parents, de sou­ligner l'hérédité des familles, et occupons-nous de l'environnement On aurait sauvé des millions d'enfants si on avait mieux prévenu la pollution.
Télérama : Pourquoi ce lien entre les maladie» génétiques et l'environnement n'est-il Jamais révélé publiquement ? , Gilles-Eric Seralini: Parce qu'on ne l'a établi que très récemment. Les premières études remontent aux années 1380 et nous ne disposons d'analyses plus éten­dues que depuis dix ans. On commence à admettre ta nocivité des hydrocarbures et des pics de pollution sur la santé publique (asthme, problèmes respiratoires, mor­bidité des enfants et mortalité des personnes âgées). Tant mieux, mais on passe sous silence tous les effets chroniques qui vont provoquer des maladies dans vingt ans, tout simplement a cause de certains gaz de voiture ou de pesticides. Des automobilistes qui respirent chaque jour dans les embouteillages vont développer des maladies sans qu'aucun médecin ne puisse dire quele en est l'origine.
Télérama : Donc, selon vous, II serait plus urgent de collecter de* fonds pour protéger l'environnement plutôt que pour la .recherche génétique ?
Gilles-Eric Seralini : On pourrait au moins diversifier l'affectation des fonds. Avec 90 milions d'euros récol­tés lors d'un Téléthon, il devrait être possible de soute­nir à la fois la recherche génétique et la recherche toxicologique. L'une des premières urgences serait de convaincre les pouvoirs publics d'étudier les effets des OGM sur la santé, Aujourd'hui, 99 % des OGM utilisés dans l'agriculture mondiale (à 95 % sur le continent américain) ne servent pas, comme an le croit, à améliorer l'alimentation ou la production, mais a créer des plantes capables d'absorber un désherbant sans mourir ou de s'auto immuniser contre les insectes. Croyez-vous acceptable, sur le plan sanitaire ou environnemental, que nule part sur la planète les OGM commercialisés n'aient subi de tests sérieux de toxicologie, notamment sur les effets des pesticides qu'ils contiennent ? Dans ce contexte, il n'est pas difficile de prédire une future recrudescence de maladies, génétiques ou autres. .. Nous n'avons pas encore intégré ('Idée que nous ne sommes pas seulement des usines à calories mais des êtres génétiquement extrêmement sensibles à l'envi­ronnement. C'est pourquoi je préconise la création d'une nouvelle science, l'écogénétique mariage de ta géné­tique et de l'écologie, qui permettrait notamment.de prévenir les maladies génétiques du XXIe siècle •
Propos recueillis par Véronique Brocard
Le fœtus peut emmagasiner les poluants, qui se fixent sur les gènes les plus utilisés, sans que l'on puisse prévoir quel organe ils vont toucher.
Un océan
de cancérigènes... entraîne une épidémie de cancers
Claude Reiss
président de Pro Anima.
directeur de recherche au CNRS
Après le matraquage publicitaire
et rédactionnel pour nous
convaincre que les OGM ne nous
veulent que du bien, voici que
l'on veut nous persuader que
les facteurs d'environnement
sont sans incidence sur
les pathologies cancéreuses.
L'une des grandes revues
de vulgarisation scientifique
française, la Recherche, s'est
même engagée dans cette voie
de façon virulente. (1)
important de noter que ces facteurs affectent une fraction de la population quasi-constante dans le temps, après correction de l'augmentation de la population et de l'espérance de vie, ce qui veut dire que ces facteurs ne peuvent être tenus pour responsables des augmentations relatives des pathologies. Si les affirmations ci-dessus rappelées étaient avérées, on devrait donc au pire voir les chiffres de mortalité par cancer stagner.
Des statitisques sans ambiguïté
Voyons donc les statistiques officielles françaises et les études dérivées (4). On y apprend que le nombre de décès dus au cancer augmente régulièrement: moins de 7** des décès en 1920.15% en 1950, 20% en 1970. 30% en 2000. En cette année 2000, le cancer devient la première cause de mortalité, tous âges confondus, dépassant les décès dus aux maladies cardio-vasculaires qui se maintiennent a 30% depuis 1990.
Ces chiffres englobent l'augmentation vraie, mais aussi les effets de l'allongement de la vie et la croissance de la population d'une part, les progrès des dépistages et des traitements de l'autre. Pour préciser, prenons une classe d'âge donnée, celle des Français de la tranche d'age 35-65 ans par exemple. Malgré les progrès médiaux indéniables, la mortalité par cancer y progresse, et même beaucoup plus vite que la moyenne. En 1990, 42 % des décès dans cette classe d'âge sont dus aux cancers, alors qu'en 1970. ils n'étaient "que* 26%. La conclusion qui s'impose est qu'en France la mortalité par cancer augmente anormalement vite et même s'accélère, et les facteurs en cause ne peuvent qu'être non héréditaires, donc d'origine environnementale.
L'analyse des facteurs impliqués dans la genèse des cancers les plus fréquents permet de cerner l'impact de l'environnement, qu'il s'agisse d'habitudes à risque (ali­mentaires, abus divers) ou d'expositions, involontaires ou inconscientes, a des agents cancérigènes. Examinons les données de trois grandes classes de pathologie» cancéreuses: les cancers colorectaux qui se situent au premier rang des affections cancéreuses des deux sexes réunis, les cancers des voies respiratoires supérieures et poumons, qui ont le taux de progression le plus rapide depuis cinquante ans, et les cancers dépendant essentiellement d'hormones, dont les cancers du sein (premier cancer féminin) et de la prostate (deuxième cancer masculin après les poumons).
O n nous déclare ainsi que les cancers humains seraient en régression, mis à part celui du poumon, qui serait presque exclusivement dû au tabagisme. Les produits chimiques synthétiques, d'origine industrielle, les pesticides en particulier, seraient uns incidence sur les cancers liés à l'alimentation et en tous cas ne seraient pas plus cancérigènes que des produits naturels ! De plus, l'évaluation de cancérogénicité sur des rongeurs serait inadaptée car elle conduirait a éliminer des produits qui ne seraient peut-être pas cancérigènes pour l'homme.
Énoncés à grand renfort de chiffres, > an 2000 : de statistiques et d'allégations définitives par des scientifiques devientnantis de moult titres et médailles, arguments                        d'autorité
la première
_           -.. ,
de mortalité,
tous
ostensiblement mis en préambule, ces propos visent à nous persuader que toute remise en cause de ces affirmation serait à mettre au compte             "d'idées
reçues" La conclusion logique qui s'impose, que tire immédiatement un article publié par La Recherche (2), est très simple : puisque les produits industriels sont inoffensifs, il serait temps de mettre au musée les évaluations de cancérogénicité imposées par les réglementations, donc d'économiser les dépenses correspondantes, CQFD. Comme ce fût le cas pour les OGM, trop d'insistance éveille les soupçons. Les manuels de biologie pour étudiants, tout comme la littérature spécialisée, attribuent 80% au moins de cancers humains à l'environnement produits chimiques, rayonnements, virus... (3) Les facteurs génétiques innés, immunitaires, endocriniens (hormones) etc, de l'individu ne contribuent chacun que pour quelques pourcents. Il est
Les cancers colorectaux ne progressent que faiblement dans les pays où l'incidence est déjà élevée, comme la France, mais des migrants venant de pays d'incidence faible rejoignent rapidement les taux des pays d'accueil à incidence élevée. Il ne fait donc aucun doute que l'ali­mentation est ici un facteur important. On a incriminé les régimes riches en graisses, alcool ou viande, mais certains pays ou groupes de personnes ayant des consommations plutôt élevées de ces produits ont des incidences faibles (Pologne, Argentine, adventistes du septième jour observant un régime lacto-ovo-végétarien assez riche en lipides). On soupçonne que certaines modifications ou transformations industrielles d'aliments (produisant par exemple des acides gras saturés ou éliminant les fibres céréalières), des additifs (conservateurs, colorants) des traitements destinés à la conservation (irradiations produisant des radicaux libres) pourraient présenter des risques, tout comme des hormones de synthèse utilisés dans certains élevages, ou des analogues d'hormones et autres proliférateurs endocriniens (herbicides, pesticides) trouvés dans des produits issus de cultures maraîchères ou fruitières traitées.
Entre 1970 et 1990, le nombre de décès annuel par cancer des poumons est passé de 9000 à 19 000 chez les hommes, de 1900 à 2900 chez les femmes. Consé­quence du tabagisme ? Il y contribue sans doute, mais comme il diminue depuis vingt-cinq ans, il doit y avoir d'autres raisons en sus. L'atlas de ces cancers en France est éloquent. Les habitants du bassin minier lorrain ou de la région industrielle du Nord, mais aussi de la pres­qu'île du Cotentin, y sont quatre fois plus exposés que ceux de la vallée de l'Orne, de la Vendée ou de l'Aubrac. Les habitants de Rouen, de Bordeaux ou de Mulhouse meurent trois fois plus de cancer du poumon que ceux de Cahors, de Digne ou de Moulins, les habitantes de la région parisienne (nord-est de l'Ile-de-France en particulier), de Strasbourg, de Lyon jusqu'à dix fois plus que celles d'Epinal, d'Alençon ou d'Aurillac. En se référant à la moyenne globale pour évaluer l'influence du tabagisme, on peut dire que le campagnard qui fume est cinq fois plus exposé au cancer du poumon que celui qui ne fume pas, mais que-le citadin d'une grande ville court approximativement le même risque, qu'il soit fumeur ou non.
Les décès par cancers de la prostate et du sein suivent en France des courbes similaires et ont pratiquement doublé depuis cinquante ans, mais l'incidence de ces deux cancers a littéralement explosé en cette fin de siècle. A partir de 80 ans, un homme sur trois est concerné par un cancer de la prostate, une femme sur sept par le cancer du sein. Le cancer de la prostate est un cancer de l'homme âgé ; il tue à partir de la soixan­taine. Par contre, le cancer du sein frappe de plus en plus précocement, dès la trentaine quelquefois. Les hor­mones jouent un rôle prépondérant dans ces deux fa­milles de cancer. Les augmentations constantes et fortes de ces pathologies, même corrigées de l'augmentation de la population et de l'espérance de vie, ne peuvent
être imputées à la production endocrinienne normale des personnes concernées. Selon toute vraisemblance, elles sont à mettre sur le compte d'agents qui soit sti­mulent la production endocrinienne, soit sont des ana­logues d'hormones, et qui sont présents dans l'envi­ronnement et l'alimentation en particulier (5).
Il est donc indéniable que l'incidence sur la santé publique de ces pathologies cancéreuses majeures (et la cohorte des cancers moins répandus mais tout aussi dangereux) s'amplifie rapidement depuis le milieu du siècle et même s'accélère, au point d'être devenu la première cause de mortalité (167 000 décès en 1990) mais aussi de morbidité (700 000 Français diagnosti­qués comme cancéreux en 1990). Mis à part les pra­tiques à risque contre lesquelles il faut continuer à mettre en garde, tels le tabagisme, l'alcoolisme, des habitudes alimentaires dommageables, il y a à l'évi­dence dans notre environnement des agents cancéri­gènes puissants agissant largement à notre insu. L'analyse des données (dont celles brièvement évo­quées ci-dessus) permet de désigner deux classes d'agents : ceux présents dans la pollution atmosphé­rique et ceux présents dans l'alimentation.
L'arrêt, ou du moins la forte réduction de la pollution atmosphérique des grandes cités ou des régions industrielles, est, en termes techniques, parfaitement dans les moyens de notre pays. Elle est souvent déce­lable à l'œil ou au nez, elle est facilement mesurable (les "indices de pollution" des journaux télévisés sont trop vagues et grossiers pour avoir un intérêt scienti­fique) ; les agents d'activité cancérigène connus ou soupçonnés sont identifiables et quantifiables. Pour combattre cette source de pollution, il faut une volonté politique et, en premier lieu, faire entendre raison aux groupes de pression impliqués (pétroliers, transpor­teurs), exiger le filtrage efficace des rejets industriels dans l'atmosphère (incinérateurs), encourager la moto­risation au gaz et à l'électricité des déplacements urbains, etc. ; le citoyen dispose par son bulletin de vote, aux municipales en particulier, de moyens de pression certains, surtout s'ils sont coordonnés.
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Pour Gilles-Eric Séralinï, professeur à l'université de Caen, auteur du Sursis de l'espèce humaine (Belfond, 1997),
"bientôt l'espérance de vie sera réduite "à cause des polluants chimiques. "La fin de notre espèce devient possible "conclut-il dans le chapitre consacré aux cancérigènes.
La tromperie des tests sur les animaux
L'identification d'agents cancérigènes dans les produits de consommation et d'alimentation est d'une tout autre difficulté. Souvent "incolores, inodores et sans saveur", ils peuvent être extrêmement efficaces à l'état de traces (proliférateurs hormonaux, analogues d'hor­mones, agents mutagènes, etc.). Il faut donc les faire évaluer pour leurs activités cancérigènes chez l'homme à des doses infinitésimales.
Devinez comment ces évaluations sont faites ? En se fiant aux réactions biologiques d'espèces animales, en très grande majorité des rongeurs. Ceux-ci sont expo­sés pendant trois mois à la substance, â des doses rela­tives comparables à celles que l'on va retrouver dans notre consommation. En dessous d'un certain seuil de tumeurs apparues après ces trois mois dans la popu­lation exposée, le produit est bon pour le consomma­teur. Il y a là plusieurs aberrations: nous ne sommes pas des souris, elles réagissent selon les ressources de leur patrimoine génétique, nous selon le nôtre qui est fort différent; chez l'homme, il se passe en moyenne
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cinq ans, voire dix ou vingt, entre les événements qui ont déclenché la prolifération cellulaire et le diagnos­tic du cancer qui en est issu ; enfin, des lignées d'une même espèce, comme la souris par exemple, peuvent avoir des susceptibilités à développer des cancers variant d'un facteur 100 et, selon la richesse de la diète qu'on va leur administrer, cette susceptibilité peut encore varier d'un ordre de grandeur. En fait, en jouant sur le choix de la lignée et de la diète, un "expéri­mentateur" peut démontrer tout et son contraire, ce qui peut évidemment être très avantageux... En poursuivant l'évaluation du risque cancérigène par le truchement du modèle animal, on accepte que la santé de la population soit jouée à la roulette russe. Pourtant, il existe des méthodes scientifiques, précises, reproductives, beaucoup plus rapides et moins coû­teuses au total que le test sur les animaux modèles: elles sont basées sur les progrès extraordinaires que la biologie a connus depuis quinze vingt ans et font l'objet des travaux du comité scientifique de l'association Pro-Anima. Enfin - et surtout - ce sont des méthodes qui sont, elles, pertinentes pour l'homme.                                                                 
Claude Reiss
L'épidémiologie des cancers
Le mécanisme d'action des cancérigènes est rappelé dans le schéma ci-dessous.
On voit que l'évaluation du risque de cancer est malaisée, en pre­mier lieu parce que chacun de nous est exposé, au cours de sa vie, à une multitude d'agents et qu'il est dès lors très difficile de foire la part de chacun d'eux dans la constitution du risque, mais surtout parce que le cancer est une maladie à très long temps de latence, la première cellule cancéreuse survenant souvent plusieurs décennies après la première exposition à un agent cancérigène. On distingue une phase initiale, l'initiation, au cours de laquelle certaines cellule» sont exposées à l'action d'agents cancérigènes. Cette exposition leur conférera des caractéristiques particulières leur permettant d'échapper aux mécanismes de contrôle de l'organisme et de se transformer, dix à quarante années plus tard, en cellules can­céreuses. La longue période qui s'étend de l'initiation à l'apparition du cancer est appelée "phase de promotion".
L'épidémiologie est la discipline qui étudie la fréquence de déve­loppement des cancers dans une population déterminée. Elle permet d'identifier certaines causes de cancer lorsque l'agent cancérigène est présent à une concentration importante pour une relativement longue durée. Elle perd de son efficacité lorsque l'exposition se fait à des concentrations faibles de l'agent cancérigène ou à des mélanges complexes, ce qui est Se plus souvent te cas dans la réalité. Par ailleurs, l'épidémiologie s'appuyant sur les cancers établis, elle n'est d'aucune utilité pour influencer les mécanismes de la maladie dans un but de prévention. En cas de maladie à évolution souvent grave comme le cancer, l'épidémiologie ne permet souvent que d'enregistrer les décès, ce que les Anglo-Saxons ont appelé le "body-counting".
Dr Eric Pluygers département d'oncologie de l'hôpital La Louvière
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Le cancer, maladie de l'environnement
L es derniers chiffres publiés sur-la progression de l'incidence du cancer confirment que nous sommes en face d'une épidémie comme nous n'en avons jamais connu. Cette croissance est régulière depuis plusieurs décennies et aucun signe ne suggère que ce phénomène soit en phase de diminuer ou même de tendre vers un palier, Nous sommes à l'évidence confrontés à un phénomène lourd qui ne pourra être stoppé dans le meilleur des cas qu'à échéance d'une ou plusieurs décennies. Cette croissance amène à s'interroger,sur la pertinence de la stratégie de lutte contre le cancer mise en œuvre depuis plusieurs décennies et que l'on peut caractériser comme le tout-thérapeutique,
En 1971, le plan Nixon affirmait « Dans 20 ans, nous aurons vaincu le cancer » avec l'idée qu'une recherche systématique de molécules résoudrait le problème. L'échec est patent et la recherche d'autres pistes d'action s'avère nécessaire. Les chiffres bruts de l'évolution en France entre 1980 et 2000 sont clairs ; sur les 6396d'augmentation, 25% sont dus au changement démographique mais 38% à des causes Intrinsèques. Il est réducteur d'expliquer cela par les seuls facteurs de risque que sont tabac et alcool ou par l'augmentation du dépistage. Les cancers qui progressent le plus (prostate, mélanome, sein, thyroïde, lymphomes, cerveau) n'ont, en effet, pas de lien démontré avec c« facteurs de risque. Quant au dépistage, il n'existe aucune démonstration qu'il soit responsable de l'ensemble de la progression des cancers du sein ou de la prostate. En revanche, des facteurs de risque environnementaux majeurs sont connus, L'amiante sera responsable de l'ordre de 100 000 morts et les cancers professionnels sont estimés à 20 000 morts par an. Les cancers du sein et de la prostate sont liés aux perturbateurs endocriniens. Les cancers du poumon sont liés
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au tabac mais aussi au radon (2 500 morts par an), à l'exposition professionnelle (24% des cas) et à la pollution urbaine. Les pesticides sont impliqués chez l'adulte dans les lymphomes non hodgkiniens, les cancers de la vessie, du pancréas et du rein, et chez l'enfant dans les leucémies et tumeurs du cerveau. Dans quelques années, nous aurons 20% d'enfants obèses et on sait que l'obésité augmente le risque de cancers de l'utérus, du sein et de Sa prostate. S'il est nécessaire de continuer la recherche thérapeutique, il est donc nécessaire aussi de développer une action vigoureuse sur les facteurs de risque connus. - Le volet environnement professionnel du ■ plan cancer ne peut se résumer à l'adoption de trois valeurs limites pour le benzène, les poussières de bois et les rayonnements ionisants alors qu'il existe 388 substances et procédés cancérogènes répertoriés par le Centre international de recherche contre le cancer. Un véritable volet cancer environnement au sein du plan cancer s'impose si on veut atteindra l'objectif ambitieux affiché de réduction de 20% à échéance de 5 ans. Cela suppose que les objectifs de réduction de l'exposition aux toxiques ne soient pas limités aux seuls facteurs tabac et alcool, mais aux substances cancérogènes répertoriées.
Le poids de l'environnement est vraisemblablement plus lourd encore que ces facteurs identifiés comme le montrent les études sur les migrants ou sur les jumeaux. Les japonais émigrés à Hawaï voient leur taux de cancer de l'estomac divisé par 4 et leur taux de cancer du sein multiplié par 4 par rapport à la population d'origine. Une étude sur les jumeaux Scandinaves montre que les causes environnementales expliquent 73% des cancers du sein, 68% des cancers de la prostate et 65% des cancers colorectaux. L'environnement social joue un rôle majeur : en France, les ouvriers et employés entre 25 et 54 ans ont 3,4 fois plus de tumeurs que les cadres supérieurs et professions libérales (2,7 fois plus il y a 8 ans). Le taux de cancer dans le Nord-Pas-de-Calais est 50% plus élevé que dans le Midi-Pyrénées. Nous constatons ces disparités géographiques et sociales, mais nous sommes incapables d'en analyser complètement les raisons. La toxicité et l'écotoxicité des substances qui font notre environnement ne nous sont pas connues dans l'immense majorité des cas. Seules 1% ont été évaluées. Il est donc hautement probable que de nombreux autres cancérogènes nous soient encore inconnus. Comme l'a noté le récent rapport de l'Igas sur la prévention, la santé environnementale est encore marginale en France et des disciplines scientifiques comme l'épidémiologie, la toxicologie, l'expologie sont encore trop peu développées. Nous avons besoin de plus de recherche, mais aussi d'une autre façon de mener la recherche. Nous avons besoin surtout que ies politiques publiques soient cohérentes. La France ne s'est toujours pas dotée, contrairement à ses engagements de 1994, d'un plan nationale santé environnement. On ne peut afficher l'objectif de faire reculer le cancer et, soutenir comme l'ont fait récemment les gouvernements français, allemands et anglais, le lobby de l'industrie chimique contre l'initiative de l'Union européenne, le plan Reach, qui vise justement à évaluer tes risques des substances chimiques non évaluées.
André CICOLELLA, Corinne LEPAGE, Geneviève BARBIER et François VEILLERETTE
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Les pesticides dans les eaux en France
Bilan IFEN juillet 2003
L a-mise en œuvre progressive des réseaux d'observation des pesticides dans les eaux continentales métropolitaines depuis une dizaine d'années se poursuit en 2001. Avec 5400 points d'observation des eaux continentales, dont 1600 appar­tenant à des réseaux nationaux de connaissance générale, le diagnostic s'affine même si les données recueillies sont encore trop hétérogènes et insuffisamment documentées pour en tirer une image représentative et précise de la nature de la contamination (en durée et en intensité).
Les pesticides sont présents sur la majorité des stations échan­tillonnées en 200!, plus souvent dans les eaux de surface (dans 73% des stations concernées, on a retrouvé au moins une fois une des substances actives recherchées) que dans les eaux souterraines (579$), dans des proportions teles que les milieux aquatiques peuvent être perturbés ou les seuils admissibles pour la production d'eau potable dépassés sans traitement spécifique des pesticides. La surveillance des captages d'alimentation en eau potable met en évidence des ressources bien protégées, utilisées préférentiellement pour la production d'eau en vue de la distribution publique. Ces ressources permettent d'alimenter sans traitement spécifique d'élimination de pesticides un grand nombre de réseaux d'eau potable.
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Néanmoins, près de la moitié du volume d'eau superficielle utilisé pour la production d'eau potable ne permet pas leur distribution sans mesure appropriée. Des interrogations scientifiques demeurent sur l'impact à long terme des mélanges de pesticides sur la santé humaine et les éco­systèmes. D'aileurs, les méthodes d'évaluation de la qualité de l'eau sont en cours d'évolution, du fait de l'harmonisation requise par la directive cadre sur l'eau, On retrouve 159 pesticides différents dans les eaux de surface (sur 382 recherchés) et 144 dans les eaux souterraines (sur 364). Les triazines sont toujours massivement présentes, avec leurs produits de dégradation. La plupart d'entre elles seront interdites en 2003, tes autres en 2004, D'autres herbicides, comme le glyphosate (matière active du Roundup) ou l'aminotriazole se retrouvent également souvent, bien que peu recherchés actuelement sur l'ensemble du territoire. Dans tes eaux littorales, on note toujours la présence des organochlorés. En terme d'évolution, et bien que les moyens consacrés à l'observation des pesticides dans les. eaux continentales métropolitaines croissent d'année en année, il est encore délicat de dresser des conclusions générales. Des tendances peuvent être dégagées pour certains pesticides largement recherchés, disposant de méthodes analytiques éprouvées (comme pour le lindane, montrant une tendance à la baisse) mais, généralement, une analyse très approfondie des données reste nécessaire. Des mesures de gestion du risque ont d'ores et déjà été prises par le ministère chargé de f Agriculture pour limiter la présence des substances actives dans les eaux. Des restrictions d'usage ou des limitations de dose d'utilisation ont été mises en œuvre pour plusieurs molécules (triazines par exemple). Par ailleurs, la réévaluation européenne en cours doit aboutir au retrait de l'homologation de près de 350 substances actives souvent pour des raisons environnementales.
Le programme de réduction des pollutions par les produits phytosanitaires ■ "plan phyto" -, lancé par les ministres chargés de l'Environnement et.de l'Agriculture en août 2000, se poursuit à l'échelle nationale et régionale. Les mesures soutenues par l'État sont centrées sur des actions préventives développées sur des bassins versants prioritaires, Celles-ci permettent d'y effectuer un diagnostic des causes de pollution, suivi d'un plan d'actions comprenant notamment de la formation, du conseil et des opérations limitant les transferts de pesticides dans les eaux. Un premier rapport dressant le bilan de l'activité de ces groupes a été réalisé en 2001 e.t actualisé en 2002. La mise en oeuvre du système d'information sur les pesticides dans les eaux -Sysiphe -, développé par l'Ifen, continue, notamment en lien avec les groupes régionaux "phyto",
Des progrès sur l'acquisition des données, particulièrement celles concernant les quantités de pesticides utilisés, en agriculture et dans les autres domaines, et le développement de méthodes d'analyse fine des informations permettront d'améliorer les bilans annuels et de caractériser au mieux les niveaux d'exposition.
Institut Français de l'Environnement
61, boulevard Alexandre Martin 45058 Orléans Cedex
Tel :02 38 79 78 78 - Fax : 02 38 79 78 70
Courriel ifen@ifen.fr - Web : http://www.Ifen.fr
Insecticides mortels pour les abeilles, nocifs pour l'homme : un « scandale »
L'affaire des insecticides Gau­cho et Régent TS, accusés par les apiculteurs de décimer les abeilles, a pris une dimension politique avec la parution d'un ' livre du député (MPF) de Ven­dée Philippe de Villiers qui dé­nonce « un scandale d'Etat ».
Bayer, un des deux groupes chi­miques allemands mis en cause, producteur du Gaucho, a aussitôt lancé une contre-attaque.
Le groupe allemand a porté plainte hier contre l'auteur et l'a assigné en référé « pour faire insérer sur une page dans l'ou­vrage la position de Bayer ». «Je me rendrai moi-même à 10 heu­res au Palais de justice de Paris et je ne retirerai pas un mot », a ré­pondu le député.
Le livre, écrit comme un pam­phlet, est une enquête, favorisée par l'accès aux dossiers judi­ciaires qu'a obtenu, en se por­tant partie civile, le président du conseil général de Vendée.
Il stigmatise Bayer et l'autre groupe allemand BASF, qui pro­duit le Régent, le ministère de l'Agriculture qui « a choisi son camp, celui des multinationales » et Bruxelles qui « ne veut rien en­tendre ».
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Deux instructions judiciaires sont en cours : l'une à Paris par le pôle de santé publique créé en septembre 2003 et l'autre, dans laquelle M. de Villiers est partie civile, par le juge Jean Guary de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Le député de Vendée affirme qu'au-delà de ses effets sur les abeilles, le Fipronil, classé « T + très toxique », depuis le 11 mars 2003, présente des dangers par inhalation pour les agriculteurs au moment des semis et pour les consommateurs de lait, sur­tout les jeunes enfants.
« II apparaît que la quantité de Fipronil contenue dans le lait matemisé ou non, donné à un nourrisson, atteint 93 % de sa « dose journalière admissible », ce qui est énorme », écrit-il, ajoutant que même le placenta de la femme enceinte est susceptible d'être contaminé.
« Pourquoi la loi le code de la santé publique, ne s'applique-t-il pas aux entreprises multinatio­nales de l'agrochimie ? », inter­roge M. de Villiers.
« Quand les abeilles meurent, les jours de l'homme sont comptés — Un scandale d'Etat » (Albin Michel)
Partie civile, le président du conseil général de Vendée a pu avoir connaissance de documents précieux.
Depuis quelques années, en France, l'usage du Gaucho est suspendu, mais uniquement sur les cultures de tournesol. H est sou­vent remplacé par le Régent TS.
Dangers pour la santé
humaine ?
En début de semaine, le mi­nistre de l'Agriculture Hervé Gaymard a annoncé, dans un délai d'une quinzaine de jours, une mesure de restriction d'u­sage, de suspension voire de re­trait du Fipronil, une substance active du Regent.
Plusieurs départements du Centre-Ouest, comme la Ven­dée, du Sud-Ouest et du Midi sont concernés par une sur­mortalité inquiétante des abeilles dans des zones où sont précisément utilisés le Gaucho (molécule Imidaclopride) et le Régent TS (molécule Fipronil).
L'ouvrage raconte la lutte des apiculteurs pour faire interdire ces produits neurotoxiques et les inquiétudes de certains chercheurs tant pour les abeilles que pour la santé hu­maine.
l'Union ( le 14/02/04)
LA CONFERENCE DU PROFESSEUR MEYER
Transcription de la Conférence du Profes­seur MEYLK, Professeur à l'Université Catho­lique de LOUVAIN, donnée à EPERNAY, en février 1477, à laquelle nous avons regretté l'absence des techniciens invités,
"La métabolisation des Fongicides systémiques dans les plantes"
(Le sujet duquel je vais traiter, vous permettra de comprendre te que sont et où nous conduisent les fongicides systémiques),
II est clair que l'agriculture s'intensifie de plus en plus ; c'est un t'ait notoire, mais dont le revers et la rançon sont les apparitions de maladies de plus en plus fréquentes qui font que la productivité s'amenuise, avec comme consé­quence : cette tendance normale et humaine d'essayer d'enrayer, de limiter, de lutter contre ce fléau. Et ce, pour diverses raisons : aussi bien du point de vue des producteurs qui, pour la majorité, du moins, sont toujours poursuivis par cette idée du profit, et aussi bien du côté du consommateur qui exige un produit qui présente bien (peu importe ce qu'il y a dedans I) et aussi peu cher que possible.
Donc, il y a là deux impératifs :
- d'un côté, le bénéfice normal que recher­che le producteur,
- d'un autre côté, la moindre dépense en vue d'un produit de qualité du moins visuelle de la part du consommateur.
Aussi, la lutte actuellement est devenue une nécessité pour pallier à ces deux impératifs qui sont un fait.
(Par exemple, en Belgique, il y a cinq ans, on ne pensait jamais appliquer des fongicides au* céréales, et actuellement, plus de SO % de la surface emblavée en céréales est traitée au moins deux ou trois lois par an avec des fongicides).
Certes, direz-vous, il y a d'autres possibilités de lutte que immédiatement penser "fongi­cides]", c'est exact et je crois qu'il est important de rappeler qu'il existe d'autres possibilités, et que finalement la lutte chimique ne devrait être qu'en dernière position.
La première possibilité de lutte, c'est la sélection du matériel résistant : c'est l'idéal, mais on s'en est rendu compte fort tard. Et si actuellement le souci majeur de la majorité des stations de sélection, c'est la résistance aux maladies, il faut bien reconnaître qu'il y s. dix ans et, à fortiori, il y a 20 ans, ce n'était pas cela le souci majeur, c'est peut-être une des raisons pour lesquels nous sommes si loin dans le développement des maladies ; on n'a jamais pensé, lors de la sélection, en terme de résistance aux maladies, on a toujours pensé en terme de productivité, kgs à l'hectare, mais jamais sensibilité aux maladies.
Certes, la sélection, c'est un travail lent et difficile, et il est parfois incompatible d'associer résistance aux maladies et productivité ou qualités organoleptiques.
(Par exemple, nous avons le cas en gique : il existe d'excellentes variétés de pomme de terre, résistantes au mildiou. Pensez-vous que le consommateur demande ces pommes de terre-là ? Résistantes au mildiou et qui ne sont pas nécessairement traitées aux pesticides ? NON, il demande la "bintje", très susceptible au mildiou et qui nécessite l'emploi de pesticides).
Donc, la sélection a parfois l'outil pour lutter contre les maladies. Mais on n'est pas encore parvenu à associer résistance aux mala­dies et qualités requises par le consommateur.
La deuxième possibilité de lutte contre les maladies, moins connue, est l'influence que l'on peut avoir sur l'évolution des maladies par l'influence sur l'environnement ; donc, chan­geons l'environnement, dans les limites du possible, pour réduire la sensibilité des plantes aux maladies. (Et c'est vrai pour les fumures azotées dans les céréales, c'est vrai pour prévenir les maladies foliaires, notamment les oïdium ; en résumé, une bonne fumure calcique confère une grande résistance à toutes les maladies.
Donc il existe deux possibilités de lutte, déjà la sélection, ensuite l'environnement. Si on arrivait à associer ces deux possibilités régulière­ment, on arriverait certainement à réduire considérablement les risques de maladies.
On ne le fait pas, alors il reste la troisième possibilité de lutte : le recours aux pesticides ou la lutte contre les agents pathogènes,
a) par des moyens physiques,
b) par des moyens biologiques,
c)  par des moyens chimiques.
Le chimiste vient volontiers au secours du biologiste avec tout son arsenal de produits chimiques et solution de facilité : de plus en plus, l'agriculteur ou l'agronome se laisse aller à l'utilisation de pesticides.
Mais le pesticide idéal, et notamment le fongicide, c'est-à-dire celui qui n'agirait que contre la peste à détruire n'existe pu ou trop rarement, - et, en conséquence, tous tuent peste et... autre chose ■ hélas ou malheureusement •
Mais qu'est-ce qui caractérise un fongicide d'un biocide en général ?
C'est que l'action fongicide est liée essen­tiellement à une toxicité différentielle telle qu'à une certaine dose, elle inhibe ou détruit, en l'occurrence le champignon sans nuire, de façon détectable, à la plante ou à l'homme, c'est-à-dire qu'au départ, tous les produits sont toxiques pour tout le monde, c'est une question de dose et heureusement, les fongicides sont nettement plus toxiques pour les champignons qu'ils ne le sont pour le végétal ou pour l'homme.
Comment peut-on expliquer cette toxicité différentielle ? Actuellement, il n'y a que des hypothèses qui sont avancées :
- on parle de plus grande perméabilité des champignons à l'égard des fongicides,
- on pense aussi que le champignon serait incapable de détruire la toxine présente dans le fongicide,
et enfin, troisième hypothèse ; le fongicide inactiverait chez le champignon une substance indispensable à la vie du champignon.
Donc finalement, on ne sait pas trop comment expliquer cette toxicité différentielle d'un fongicide. Mais de toute façon quel que soit le mécanisme de cette toxicité différentielle, l'essentiel pour l'agronome, c'est de trouver la concentration qui agit sélectivement sur la peste à combattre sans endommager l'hote.
Donc, au départ le pesticide a une finalité bien précise recherchée, voulue : tuer la peste, tuer le parasite sans nuire à la culture, simplement pour protéger la plante cultivée.
Mais, une fois répandu dans la nature, le pesticide, le fongicide peut avoir des effets non voulus.
Car, rappelez-vous, ils sont toxiques de toutes façons, un peu plus, un peu moins pour l'un que pour l'autre. Donc ils vont avoir des effets non voulus, non recherchés, d'où se pose le problème des pesticides et l'environnement et surtout le problème pesticide - qualité du produit récolté.
L'importance relative entre pesticides et environnement et pesticides et qualité du produit récolté, dépend du type de fongicide utilisé. Anciennement, on visait à enrober la plante d'un film protecteur (anti-insectes ou antifongique qui protège la plante qui prévient les attaques des parasites, on peut appeler cela fongicides de contact) donc fongicide répandu à l'extérieur de la plante et qui ne pénètre pas dans la plante. Ces fongicides sont soumis à une dégradation, une érosion mécanique (vent, etc.), une oxydation par l'oxygène de l'air ; (ces produits sont limités aux organes de l'extérieur) cela implique des applications répétées, avec une conséquence : l'environnement en pâtit, et il y a des résidus sur la plante. Pourtant ces produits ne sont qu'à l'extérieur, aussi, le dosage est facile et simple.
Mais, depuis 10 ans, un nouveau groupe de fongicides est apparu, ce sont les fongicides systémiques, c'est-à-dire, des produits qui circu­lent dans la plante, donc qui agissent à un autre endroit que celui sur lequel ils ont été appliqués ; ils pénètrent, circulent dans toute la plante ; ils sont protégés jusqu'à un certain point contre les facteurs météoriques et d'éro­sion. Ils peuvent donc, en théorie, persister indéfiniment dans la plante, il suffirait de faire une seule application puisque ces produits migrent dans la plante, et. des tissus anciens, ils sont capables de migrer vers les tissus plus jeunes. Donc, a priori, ce serait le remède idéal..,. Mais, ils sont dans la plante, dans les organes que nous consommerons...
Les fongicides systémiques ont une caracté­ristique : non seulement ils préviennent la maladie, mais ils peuvent aussi guérir la plante malade (bien sûr ne pas régénérer les tissus atteints, les tissus déformés, mais tuer le parasite qui est dans la plante).
A priori, l'absorption de ces produits se fait le mieux par le système radiculaire, de là, ils pénètrent dans le système vasculaire et sont transportés dans tous les organes de la plante par le flux transpiratoire, ce qui veut dire que ces produits risquent de s'accumuler dans les parties qui transpirent le plus ; dans les racines, OU ne retrouvera plus trace des produits, tout migre dans les feuilles ou éventuellement dans les Heurs ou dans les fruits. En cas d'application sur le feuillage, l'absorption est beaucoup moins bonne ; la migrai ion ne se t'ait jamais vers les racines, elle peut se faire vers les nouvelles parties formées après l'application.
L'influence de ces produits comparative­ment aux fongicides de contact, se pose en des termes très différents, d'une pan pour ce qui est de la pollution de l'environnement parce qu'on n'a pas besoin d'en appliquer autant puisque le produit est dans la plante ; d'autre part, il se pose aussi en des termes très différents lorsqu'on considère les résidus, et... la qualité de ce qui va être livré à la consommation. Que deviennent ces produits qui sont dans le tissu végétal ?
Leur sort est assez variable ; ils peuvent :
-   rester inchangés dans les tissus, les organes.
être métabolisés plus ou moins rapidement par des actions d'ordre physique (photo réactivation) faiblement, ou d'ordre biologiques ou si vous préférez, enzymatiques
être dilués dans les tissus du fait de la croissance continue de la plante,
Mais, retenez bien ceci, la quantité qui a clé a un moment dans la plante, qu'elle soit diluée au non, elle reste totalement dans la plante jusqu'à la Limite de la vie de la plante.
De plus, le produit initial ou les métabolites de dégradation de ce produit initial dans la plante peuvent rester libres dans le [issu ou plutôt dans les sucs cellulaires ; ils peuvent aussi se combiner à des molécules solubles ou insolubles de la cellule (on appelle cela de la conjugaison) et enfin ils peuvent continuer leur dégradation jusqu'au stade ultime (anhydrides carboniques et toutes petites molécules qui sont réutilisées par la plante pour les réincorporer dans sa propre matière).
Donc trois éventualités :
- rester libres et alors le problème de l'extraction (lorsqu'on veut la faire) des résidus n'est pas difficile,
-  se combiner ou se conjuguer à des composants de la cellule solubles nu insolubles,
-  ou être dégradés complètement et être resynthétisés et réutilises dans d'autres molé­cules.
De ces différents faits, présence dans les tissus, métabolisation, dégradation et conjugaison du produit ou de ses m cl abolit es avec des constituants solubles ou insolubles, persistance de la quantité totale initiale, telle quelle ou sous forme de métabolites dans la plante, découlent plusieurs conséquences importantes.
Suite à la métabolisation dans la plante, après un laps de temps variable selon le produit, on ne retrouve plus que la moitié du produit absorbé sous sa forme originel le c'est ce qu'on appelle la "demi-vie", cette demi-vie du produit dans la plante est très variable d'un produit à l'autre (pour les produits comme le bennomyl, les tiophanates. la demi-vie des produits est de l'ordre d'une centaine de jours) ; certains produits donc se dégradent très lentement clans la plan le pour d'autres produits (par exemple certains anti-oïdium) la demi-vie n'est que de l'ordre de trois à quatre jours.
Donc suite à cette dégradation, à cette transformation, l'analyse officielle pour la détec­tion de résidus ne dosera en fait, après dix jours ou après cent jours que la moitié des corps étrangers dans le tissu alors que l'autre moitié reste présente dans le tissu, mais elle n'est pas détectée par l'analyse officielle ; donc la détermination des résidus, si elle représente quelque chose chez, les fongicides de contact, dans !e cas des fongicides systémiques, elle est une donnée fallacieuse, incorrecte ; car tous ces produits-là qui ne sont pas détectés par l'analyse des résidus, ils sont pourtant là dans les tissus que vous aile/ consommer. Quel est leur effet '! On ne sait pas. Quelle est leur influence sur le goût, l'arôme ? Quelle est leur influence à longue échéance ? On n'en sait rien ; on peut simplement dire qu'ils sont présents dans les tissus consommés, Donc, première conséquence de l'utilisation des fongicides systémiques, c'est que la signification du mol résidu est tout à fait différente et est fallacieuse dans un certain sens.
Deuxième conséquence importante : le produit originel et ses métabolites peuvent être libres dans les cellules ou conjugués à des produits solubles dans les solvants organiques mais aussi à des produits insolubles dans les solvants organiques utilisés normalement pour la détection ou la mise en évidence des résidus : l'importance de cette fraction de produit tels quels ou fongicides originels ou métabolites qui peuvent être associés a ces composés insolubles de la cellule est très variable, cela va de 10%, 20% jusque 80% ; cela veut dire que si on détermine un résidu selon les techniques classi­ques, que l'on fait une extraction avec un solvant organique, chloroforme par exemple, dans ce cas-là, on extrait au maximum 20% de produit qui est présent dans la plante ; une fois de plus la notion de résidus a donc un tout au ire sens avec l'utilisation des pesticides ou fongicides systémiques.
Deux mots sur ce problème de la métaboli­sation : en fait c'est un grand mot que recouvre beaucoup d'ignorance de notre part. Elle comporte principalement des phénomènes de décomposition qui sont catalysées, présume-t-on, par les enzymes de la plante, enzymes qui en fait n'ont, pour ce que l'on en sait, aucune spécificité ; décompositions qui peuvent être catalysées par des réactions d'ordre photochimiques (on a démontré, en laboratoire, qu'en présence de certains photo-sensibilisateurs, on pouvait produire la décomposition de certains fongicides systémiques) jusqu'à quel point cela se passe-t-il dans la plante 7 On n'en sait rien.
Donc beaucoup d'hypothèses sur le mode d'origine de ces m et abolis m es dans la plante.
Le deuxième groupe de transformations qui se passent dans la plante, ce sont les combinai­sons, j'en ai déjà parlé, je ne sais rien dire de plus si ce n'est que l'on croit qu'elles seraient de nature biologique ou de nature purement physique, on n'en sait trop rien, non plus.
Comme on ne cannait rien sur le méca­nisme, comme on se rend tout rie même compte qu'il y a là un grave problème dans leur utilisation, vous pouvez vous demander s'il n'est pas possible de prévoir celte métabolisation connaissant la formule des produits qui sont plus ou moins complexes, si il n'y aurait pas de relation avec le mécanisme d'action de ces fongicides, ou bien s'il n'y aurait pas de relations avec le mécanisme ou le mode de phytotoxicité, hélas, non ! Cette métabolisation, cette trans­formation que ces produits subissent dans la plante, que ce soit dans le sens de la décomposition ou dans le sens de combinaison, tout cela n'est en relation avec rien du tout ni le mécanisme direct sur le champignon qu'on veut détruire, ni avec la phytotoxicité sur la plante. Il semble simplement que la métabolisation soit conditionnée par la réactivité chimique des molécules, qu'elle soit conditionnée par les fonctions dynamiques, par les radicaux actifs dans les molécules, ou bien les doubles liaisons des amines. etc., qui en fait semblent condi­tionner avant tout la disponibilité pour la métabolisation ou la stabilité pour la métaboli­sation.
Enfin la métabolisation est-elle identique dans les plantes, chef les animaux et dans le sol pour les micro-organisme s. Certes ces trois groupes, les animaux, les plantes, le sol ont une phvsiologie très différente : il semble cependant qu'on puisse tirer certaines leçons de ce que l'on a pu déduire, à la suite d'expériences, par exemple de la métabolisation dans l'animal ou par exemple de la métabolisation dans le sol (tout récemment, pour la triphorine, nous avons retrouvé dans la plante les mêmes métabolites que ce que des médecins avaient mis en évidence comme métabolites pour la triptiorine chez les animaux ; est-ce une coïncidence ou une généralité ? On n'en sait rien pour l'instant.
Deux mots pour terminer qui vont être la synthèse de ce que je vous ai déjà dit. Pour tout fongicide systémique la notion de résidus (c'est-à-dire produits d'origine) ne donne qu'une idée partielle et même une idée fausse de ce qui est réellement présent dans le végétal. Pour avoir l'idée exacte de ce qu'il y a dans les organes des plantes qui sont livrées à la consommation humaine, il faut taire l'étude des métabolites (donc pour obtenir une image exacte de tous les composés étrangers qu'il y a dans la plante).
De même, tous les composés, même les plus stables, (le bennomyl qui a une demi-vie de 100 jours, par exemple), subissent des dégradations dans la plante. Mais malheureusement, je l'ai déjà dit, l'influencé de tous ces composés, plus ou moins stables sur qualités organoleptiques, les arômes, la saveur, etc... est inconnue. Certes, les quantités présentes sont minimes, mais elles sont réelles.
Traitements phytosanitaires
Protégez
L'environnement, protégez-vous !
Les études le prouvent, les produits phytosanitaires ne sont pas tous anodins ni pour la santé de l'homme j ni pour l'environnement. Face à ce constat, les viticulteurs sont invités à se protéger et à adopter un code de bonne conduite lors de l'application des produits. Il suffit parfois de petits gestes pour éviter de gros incidents !
D es ouvriers viticoles hospitalisés suite à des traitements phy­tosanitaires... Un risque de mortalité par cancer du cerveau annoncé supérieur de 25 % chez les viticulteurs.,. Des rivières qui dépassent les nonnes autorisées en matière de résidus de produits chimiques.,, En cène fin de siècle, les produits phytosanitaires ne sont pas en odeur de sainteté. Conçus pour détruire ou empêcher l'ennemi de la culture de s'installer, il est indéniable qu'ils ne sont pas tous inoffensifs pour l'homme et son environnement, Pour­tant, 80 % des agriculteurs continuent à ne pas se protéger effica­cement, bien souvent car ils ne sont pas conscients des risques encourus. Les pratiques en matière de gestion des reliquats de trai­tement sont elles aussi souvent contestables. Là encore, les agri­culteurs pèchent par négligence plus que par malveillance. Alors que faire ? Procéder au retrait des substances les plus toxiques pour l'homme, comme le proposait le magazine Sciences et Avenir (Août 1997) ? Bannir tous les produits phytosanitaires comme l'envisage le Danemark ? En France, on opte pour des mesures plus "raisonnables" basées sur un durcissement de la réglementa­tion et le développement de la prévention.
LA REGLEMENTATION SE DURCIT
C'est ainsi qu'en janvier 1997, le Ministère de l'agriculture, en col­laboration avec le Ministère de l'environnement élaborait un plan
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COMBINAISON, MASQUE, GANTS, LUNETTES...
Les viticulteurs négligent encore trop souvent ces protestions lors de la manipulation des produits.
intitulé "Produire plus propre". Plusieurs matières actives utilisées en viticulture en ont fait les frais. L'aldicarbe (nématicide, insecticide) d'abord qui fait maintenant l'objet d'une traçabilité totale avec déclaration trimestrielle des quantités commercialisées. Mais aussi les préparations herbicides à base d'atrazine, interdite sur vigne, de simazine, limitée à 1000 g/ha/an et de diuron, plafonné à 1800 g/ha/an. Quant au lindane, il est purement interdit d'emploi depuis le 1er juillet 1998. Ces substances actives n'ont pas été visées au hasard. Les résultats de récentes études * montrent en effet que si l'on applique la norme de 0,1 microgramme par litre comme seuil de qualité des eaux de surface (norme fixée pour les eaux potables), l'atrazine et ses métabolites dépassent ce seuil dans 40 % des cas, le diuron dans 15 % et la simazine dans 6 %. Pour les eaux souterraines, les dépassements concernent les mêmes matières actives. Plus grave, le prélèvement d'eau potable dans 200 unités de distribution a révélé que pour les produits phytosanitaires, les cas de non
conformité représentaient 11 ,2 % des prélève­ments. Pour lutter contre ces contaminations, les préfets ont aujourd'hui la possibilité d'interdire ou de limiter l'usage de certains produits dans des zones à risques. Parallèlement, au niveau européen, 90 matières actives sur la sellette, sont toujours en cours de révision. Parmi eËes, 25 concernent la viticulture. ACQUERIR DES REFLEXES DE BONNE CONDUITE
"L'interdiction de produit ne fera pas tout, diminuer la pollution passe aussi par la formation des agriculteurs", pense quant à lui Alain Chalendon, président de Î'UIPP (Union des industries de la protection des plantes) et directeur de Rhône-Poulenc Agro Fran­ce, Les principales causes de pollution par les produits phytosanitaires sont en effet dues à des incidents ponctuels : débordements) mauvais rinçages des fonds de cuves, des bidons... Quelques recommandations simples permettraient de limiter ces sources de pollution. Un message, clamé à l'unisson par tous les professionnels de l'agriculture et de la viticulture. Les nombreuses actions menées dans ce domaine sont, depuis février 1997, fédérées par le biais de la charte Phytornieux qui met l'accent, dans un premier temps, sur l'amélioration de la pulvérisation. Sachant que même avec un pulvérisateur bien réglé, les pertes de produit peuvent atteindre
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ALAIN CHALENDON
"Diminuer la pollution passe aussi par la formation des agriculteurs, "
Innovations produits
Des formulations de plus en plus securisantes
Mettre sur le marché des matières actives plus sélectives, moins toxiques et efficaces à des doses de plus en plus faibles, tels sont les objectifs actuels de toutes les firmes phytosanitaires. "Mais l'évolution des spécialités commerciales ne se résume pas au seul progrès des matières actives. L'amélioration des formulations est tout aussi considérable", précise Philippe Michel de IVIPP. Dans te cas des solides, tes granulés dispersives se généralisent. Ils coulent comme des liquides, ne dégagent pas de poussière et se dissolvent rapidement en donnant une bouillie homogène. Qui fais est, ils minimisent les risques de pollution puisque le granulé ne se répand pas Immédiatement dans l'environnement, comme un liquide. Autre tendance : le conditionnement des poudres mouillables en sachets hydrosolubles. Tout contact direct avec te produit est alors éliminé. Au niveau des liquides ; "on essaie de limiter, voire de supprimer, les solvants organiques", explique Richard Allain, responsable produit vigne chez DowAgrosciences. On lui préfère un mélange d'eau et de solvants moins inflammables, pour former des émulsions aqueuses. Autre formule : remplacer les concentrés émulsionnables, contenant beaucoup de solvants organiques, par des gels conditionnés en sachets hydrosolubles ou par des granulés contenant la qualité strictement nécessaire de solvant Pour le conditionnement des liquides, l'heure est aux bidons "intelligents", faciles à rincer, simples à manipuler, résistants aux chocs et équipés de systèmes "anti-glou-glou"...
40 voire 60 %, l'enjeu est de taille ! Des actions aujourd'hui relayées par les sociétés phytosanîtaires elles-mêmes. C'est le cas notamment de Rhône-Poulenc Agro France et de Novarris Agro qui prô­nent tous deux les bonnes pratiques agricoles. Avec des gestes simples, on doit pouvoir diminuer de moitié au moins la pollution liée aux produits", estime Alain Chalendon. Diminuer la pollution de l'environne­ment mais aussi éviter des problèmes de santé des agriculteurs. Là encore, un impératif : avoir le réflexe de se protéger. Pour acquérir ces réflexes, il faut du temps. N'a-t-il pas fallu plus de dix ans pour que le port de la ceinture de sécurité se généralise ? Alors viticulteurs, prenez le problème à bras le corps avant que les PV ne tombent ! Sophie Caron
Nouveaux produits
* Éludes présentées par R, Mettre] de la Direciion de k protection des végétaux lors de la dernière conférence du Colttma.
L'homologation : tout sauf une formalité
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50 000,100 000Jfvoire 200 000 molécules sont tes­tées tous les ans par chaque grande firme phytosanitaire. Parmi elles, deux ou trois auront une chance de se retrouver sur le marché. Car attention, n'est pas homologué qui veut. La condition ? Ne pas présenter de risques "inacceptables" pour l'utilisateur, le consommateur ou l'environnement. Une procédure d'homologation commune à tous les Etats membres de l'Union européenne. D'abord, il faut estimer la toxicité pour l'utilisateur. Toxicité à court terme (en cas de contact, d'inhalation, d'ingestion...), mais aussi à long terme pour juger du pouvoir cancérogène, des effets sur la reproduction, sur les neurones... Menées in vitro et in vivo sur des animaux, ces études permettent notamment de fixer la DJA (Dose journalière acceptable), le NAE (Niveau acceptable d'exposi­tion) et de définir les précautions d'emploi : gants, masques... "Les études de pénétration cutanée sont de plus en plus demandées", précise Pierre Duchateau, responsable de l'homologation chez Du Pont de Nemours. Le risque consommateur est lui, appré­cié par rapport aux résidus recherchés sur la culture mais surtout le raisin, le jus, le marc et le vin. Paral­lèlement, sont évalués le comportement environne-
QUELS SONT LES EFFETS DES PRODUITS DANS L'EAU?_________________________________________
Les firmes phytosanitaires procèdent à des études en milieu aquatique, avant de commercialiser une molécule (ici dans un centre BASF en Allemagne).
mental des molécules dans le sol, l'eau, l'air ; mais aussi la toxicité sur la faune, la flore sauvage, les abeilles... Tester la matière active ne suffit pas, C'est en effet la formulation qui est homologuée, pas la molécule. Les autres substances intervenant dans la composition du produit sont donc, elles aussi, passées au crible avant l'autorisation de mise sur le marché. S. C.
Ex RhOne-Alpes 60% DE VITICULTEURS MAUVAIS RINCEURS!
En 1996,3 rivières de Rhône Alpes situées en situé viticole!e ont été cassées au crible. Résultat : de nombreuses matières actives ont été retrouvées avec des teneurs cumulées pouvant atteindre 120yg par litre. Les viticulteurs du secteur sont-ils en partie responsables ? Pour en avoir le cœur net, une enquête* a été réalisée sur leurs habitudes de traitement. Premier point: le contrôle du matériel reste très rare. Seulement 10% des enquêtes font régler leur pulvérisateur par un technicien ; plus d'un viticulteur sur deux ne fait jamais contrôler son matériel et quand il s'agit de contrôle, Use limite souvent à changer les pastilles dans tes buses.
Au niveau de "l'avant traitement", pas de problème: la préparation de la bouille est bien maîtrisée (85% surveillent le remplissage du putvé et 96 % rincent les bidons et versent les eaux de rinçage dans la cuve de préparation). Bon point également au niveau des reliquats de bouillie, plus de 70 % les appliquent sur les parcelles, 2$% les stockent et les réutilisent, 6% n'ont jamais de reliquats. Seuls, les 13% restants vidangent leur putvé directement sur soi nu. Le problème principal vient des rinçages (cuve, tracteur, circuits déboute) : plus de 60 % les éliminent sur sol nu, donc peu perméables. Même si le produit est dilué, ces pratiques ne peuvent qu'accroître la concentration de matières actives dans les fossés, donc dans tes rivières. * Enquête présentés par Laurence Lièvre Muzard du FREDEC, à l'occasion as h dernière conférence du Columa.
Bonnes pratiques agricoles
Les dix commandements
1* Raisonner les traitements
Éviter les traitements systématiques. Altemer les moyens de lutte (chimiques et non chimiques), ainsi que les familles de produits de traitement. A efficacité égale, choisir les produits les moins toxiques (DL 50 élevée, non nuisibles pour la faune auxiliaire..).
2  • Lire les étiquettes et ajuster la dose
Lire attentivement les instructions figurant sur l'éti­quette du produit. Prendre garde au délai d'emploi avant vendange. Ajuster le volume de bouillie à la surface à traiter, afin de limiter les reliquats. Ne dépasser jamais la dose homologuée.
3  • Utiliser un matériel en bon état et bien réglé
Avant chaque application, vérifier le bon état du matériel : buses nettoyées et changées régulière ment, filtres et pompes propres, débits homogènes et réglages adaptés au type de traitement (cf Réussir Vigne n° 35, mars 1998).
4 • Soigner la préparation des produite
La préparation des produits doit se faire dehors, dans un lieu sans risque d'écoulement vers un cours d'eau, un point d'eau ou une zone de captage. Un mélangeur incorporateur monté sur un pulvérisateur facilite le mélange du produit dans la cuve et le rinçage des emballages. Surveiller le remplissage pour éviter tout débordement.
5* Rincer les bidons
Bien vider les emballages de produits dans la cuve ou dans l'incorporateur, les rincer trois fois à l'eau claire puis vider l'eau de rinçage dans la cuve.
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LE RÉGLAGE PU PULVÉRISATEUR
Un point clé pour limiter les pertes de produit. Il doit s'effectuer avant chaque traitement.
homogène, maintenir une vitesse régulière, adaptée au débit choisi.
8 * Vidanger les fonds de cuve et rincer le pul­vérisateur sur la parcelle
Prévoir une réserve d'eau sur l'appareil ou au champ pour diluer les fonds de cuve et rincer. Dès la fin du traitement, diluer (au moins 5 fois) le volu­me résiduel et répandre sur une parcelle déjà trai­tée. Puis rincer le pulvérisateur et pulvériser les eaux de rinçage à grande vitesse. Ne jamais vider les eaux de rinçage dans un égout, un puisard; une cours, un fossé..
9 • Éliminer les emballages
Vidés et parfaitement rincés, les emballages peuvent être mis aux ordures ménagères. L'élimination des bidons souillés ou des reliquats de produits inutilisables relèvent, quant à eux, d'une coËecte spéciale. Renseignez-vous auprès des organisations agricoles locales et de l'association Pic' Agri (au CNJA à Paris). Dans tous les cas, n'abandonnez pas et ne brûlez pas les emballages dans la nature !
10  • Nettoyer le matériel sur une zone spéciale ment équipée
Le nettoyage du matériel (tracteur, pulvérisateur) doit se faire sur une aire de lavage spécialement équipée pour la récupération et le traitement des eaux souillées, s. c.
6  • N'appliquer la bouillie que sur la cible
Ne pas traiter par grand vent. En cas de faible vent, abaisser la rampe et augmenter la taille des goutte­lettes par un changement de buses ou une réduc­tion de pression et de vitesse. Par temps chaud, trai­ter le matin sauf par forte rosée ou mieux le soir après 16 h.
Ne pas pulvériser près des points d'eau (source, ruisseau, fossé même à sec, égout,..). En cas de risque de ruissellement, laisser une bande enherbée (de 12 à 20 m), une haie ou un talus en aval des parcelles pour faire obstacle à l'entraînement du produit vers les points d'eau.
7  • Traiter sans à coup
Pour respecter la dose et obtenir une répartition
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LIMITER TOUT CONTACT
AVEC LES PRODUITS Les produits pénètrent dansl 'organisme par inhalation, ingestion ou par contact avec les muqueuses et la peau.
Risques encourus par les viticulteurs
De la simple irritation à l'intoxication grave
Maux de tète, rougeurs, irritations de la peau, des yeux, démangeai­sons, diarrhées, vomissements, pertes de connaissance... Voici quelques uns des maux qui guetteraient un agriculteur sur six après utilisation de produits phytosanitaires. Une enquête, réalisée par la Mutualité sociale agricole sur près de 10 000 exploitants et salariés agricoles, montre en effet que 16 à 22 % des personnes ayant manipulé des produits phytosanitaires ont été victimes d'effets indésirables. Mais quelle est exactement la gravité des problèmes rencontrés ? Quelle est la part de responsabilité du manipulateur et celle des produits ? Quels sont les produits incriminés ? Quelles sont les voies de contamination ? Pour en avoir le cœur net, la MSA a créé, en 1991, un réseau de toxicovigilance. Le concept est simple : chaque utilisateur ayant signalé un problème lié à la manipulation de produits est contacté par un médecin du travail qui remplit un dossier anonyme précisant les circonstances de l'intoxication. Après expertise, seuls les dossiers ayant un lien important de cause à effet entre le produit incriminé et les symptômes observés font l'objet d'une exploitation statistique. Les fongicides les plus concernes A ce jour, le réseau rassemble 613 dossiers, 22 % concernent la viticulture. Au hit parade des produits mis en cause en viticulture : les fongicides (64 %) parce que ce sont les plus utilisés, suivis de loin par les insecticides (22%) et les herbicides (10%). "Les effiU màhirabks des fongicides sont plus fréquents mais en général moins graves que ceux des insecticides, sauf pour l'arsenic", précise le Docteur Gingomard, médecin conseiller technique à la MSA. Chez les personnes incommodéesj les fongicides sont souvent responsables d'irritations au niveau de la peau, des yeux ou de la gorge, associées parfois à des troubles digestifs... Peu de choses comparé aux effets de l'arsenic, responsable d'intoxications graves, pouvant provoquer des ulcérations, des troubles digestifs voire des paralysies des membres. Après plusieurs années d'exposition, l'ar­senic peut même être à l'origine de cancers de la peau, des pou-
KITS DE SÉCURITÉ MSA
Pour prévenir les accidents, la MSA propose ces kits de sécurité ainsi que des subventions pour l 'achat de protections pour les salariés.
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mons, du foie, alors reconnus comme maladies professionnelles... Parmi les insecticides, les organophosphorés et les carbamates sont responsables de la destruction d'une enzyme présente dans le sang et les globules rouges. Heureusement, Dame nature étant bien faite, en trois mois cette enzyme se reconstitue. Mais voilà, si le manipulateur est réexposé alors qu'il est fragilisé, c'est l'intoxication et son cocktail d'effets indésirables : salivation, larmoiements, maux de tête... et cela peut finir par une perte de connaissance, voire un coma. Dans le réseau de toxicovigilance, le méthomyl (carbamate, insecticide) a ainsi été responsable de plusieurs hospitalisations, Quelles sont les familles de produits dont il faut le plus se méfier ? Etant donné le nombre insuffisant de dossiers validés, impossible d'en avoir une idée précise. Soulignons juste que sur les 127 dos­siers viticoles ce sont les dicarboximides et plus particulièrement le folpel qui sont le plus souvent mis en cause parmi les fongicides. Viennent ensuite les aminés et amides, les dithiocarbamates (sur­tout le mancozèbe) puis le soufre, l'arsenic, les phosphites métal­liques et le cuivre. Pour les insecticides, les carbamates et notam­ment le méthomyl arrivent en tête (mis en cause dans 37 % des dossiers insecticides), suivis des organophosphorés et des pyréthri-noïdes. Chez les herbicides, on retrouve le diquat et le paraquat Lire attentivement l'Etiquette
Alors que faire pour éviter ces incidents ? D'abord, se protéger. L'analyse des moyens de protection sur le réseau de la MSA montre en effet que 60 % des professionnels de l'agriculture incommodés n'ont utilisé aucune protection. Seuls 25 % portaient soit une combinaison, soit un masque, soit des gants ou traitaient avec un tracteur équipé d'une cabine à air filtré. Aucun, enfin, n'avait respecté toutes les conditions : traiter sans vent, avec une température inférieure à 25 °C et posséder toutes les protections... Se protéger mais aussi limiter les risques en choisissant les produits les moins toxiques : à efficacité égale; mieux vaut opter pour un produit à DL 50 élevée. Mais attention, la DL 50 ne dit pas tout, ce n'est qu'un indicateur de risque qui, même s'il est élevé, ne dis­pense pas de suivre toutes les recommandations d'utilisation. Lisez donc attentivement l'étiquette et particulièrement les conseils de prudence et les phrases de risque qui donnent une indication sur lés dangers rencontrés avec le produit. D existe également une autre mesure, la DJA (dose journalière acceptable) qui indique la quantité de produit chimique qu'un être humain peut ingérer chaque jour, pendant sa vie entière, sans danger pour sa santé. DL 50 et DJA figurent dans l'index phytosanitaire (ACTA). s. c.
PREVENTION
La panoplie du parfait
manipulateur
Masque, gants, combinaison, bottes... telle est la panoplie complète qui permet d'éviter des intoxications parfois graves, A condition toutefois de choisir les bonnes protections.
LUNETTES
■ Faute de masque complet protégeant les yeux, équipez vous de lunettes enveloppantes (conforment aux normes CE EN 166-168) pour éviter les éclaboussures mais aussi la diffusion des produits au travers de la conjonctive de l'oeil. Toutes poussières, brouillards de pulvérisation et embruns qui se déposent sur les yeux pénètrent aussitôt dans l'organisme !
COMBINAISON
■ Lors de la préparation des bouillies, le manipulateur doit porter une combinaison imperméabilisée (type ciré) réservée à l'utilisation des produits phytosanitaires. Autre précaution : se débarrasser de ses vêtements de travail avant de monter dans le tracteur pour traiter. Après trai­tement changer une nouvelle fois de vêtements et se doucher avant de reprendre toute activité et même de fumer. La pénétration des produits peut en effet être insidieuse : en man­geant ou fumant avec des doigts souillés, le produit va passer des doigts aux lèvres et des lèvres à la voie digestive.
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MASQUE
Changez les cartouches
Les produits phytosanitaires pénètrent facilement dans les voies respiratoires et passent alors immédiate­ment dans le sang, via les poumons. Le port d'un masque est indispensable pour préparer les bouillies et pendant les traitements si le tracteur n'est pas équipé d'une cabine de filtration. Le masque doit être doté d'un appareil filtrant à car­touches. Les normes de base à respecter sont de type A (contre les vapeurs orga­niques) et P (contre les poussières). Le minimum conseillé étant Al P3. Les protections de type B (anti-gaz inorga­niques) et E (gaz acide), très coû­teuses, ne sont pas absolument nécessaires. Il existe des masques couvrant seulement le nez et la bouche (moins de 1000 F) ou mieux, des masques complets couvrant toute la tête. Sous forme de cagoule ou de casque, ils sont alors équipés d'une ventilation assistée (de 2000 à 3000 F). Dans tous les cas, les cartouches doivent être changées au bout de 20 à 30 h d'utilisation : au moins une fois tous les 6 mois en cas d'utilisation occasionnelle, une fois par semaine en cas d'utilisation continue, plus souvent s'il existe une ventilation assistée et dans tous les cas si l'utilisateur perçoit l'odeur de la substance ou s'il éprouve des difficultés à respirer (Compter 100 F la cartouche de type A2 P3). Les cartouches doivent être stockées dans un endroit diffé­rent de celui des produits. Évitez de laisser masques et cartouches au soleil ou à la cha­leur et n'essayez pas de régénérer vous même le charbon actif des cartouches dans le four de votre gazinière !
BOTTES
■ Évitez le caoutchouc et portez des bottes répondant aux normes CE EN 345-346-347, marquage S5 ou P5.
GANTS
En nitrile ou néoprène
C'est la protection de base de l'utilisateur puisque la main est la partie du corps la plus expo­sée à la contamination. Mais attention, pas question de choisir n'importe quel type de gant. Il doit avant tout être étanche et ne pas se dégrader au contact d'un produit chimique. Les matériaux les plus adap tés sont le nitrite et le néoprène. On préférera le latex en cas de présence de cétones ou de diméthylforma-nides. Pour que le gant ne reste pas au placard, il faut également prendre en compte sa souplesse et son confort, assurant dextérité, sensibilité tactile et limitant la transpiration (doublure en coton par ex.). Pour l'utili­sation, 5 règles de base sont à respecter : portez les gants sur mains sèches et propres, rincez les à l'eau courante avant de les retirer, laissez sécher l'intérieur avant de les réutiliser et, surtout, vérifiez qu'ils ne sont pas abîmés avant de les remettre !
Les cabines A air filtre
Pas toutes efficaces à 100%
10 % des produits arrivant sur des cabines équipées de dispositifs d'épuration d'air pénètrent à l'intérieur. Conclusion : le viticulteur se croit à l'abri, alors qu'il peut tout à fait être intoxiqué. Ces résul­tats inquiétants sont le fruit de tests réalisés par la MSA en condi­tions réelles de traitements. Des essais qui ont notamment mis en évidence des erreurs de conception graves, comme l'insuffisante prise en considération de la phase aérosol des produits ainsi que le risque à posteriori de relarguage de produits dans la cabine lorsque les filtres sont saturés. Forte de ce constat, la MSA a défini un cahier des charges d'une protection efficace. Condition première : l'air introduit dans la cabine par la ventilation doit être suffisam­ment épuré. "E est possible d'obtenir un niveau de performance équiva­lent à celui requis pour les masques respiratoires à ventilation assistée" affirme Jean-Pierre Larrat, ingénieur conseil à la MSA, Mais la seule filtration de l'air ne suffit pas : il faut isoler l'opérateur des produits dangereux grâce à une étanchéité suffisante de la cabine (notamment au niveau des passages de commandes) et la pressuri-
Dany Fèvre. viticulteur champenois
"Sortez couvert !"
"Pour la préparation des produits je mets un masque filtrant, des gants et une combinaison de protection) en toutes circonstances, même si le produit n'est pas toxique, c'est devenu un réflexe. Aux jeunes, j'ai envie de dire : sortez couverts, à tous les niveaux ! En réalité, j'utilise des gants jetables et j'enfile par-dessus de gros gants en caoutchouc. Car je défie quiconque de retirer la languette de sécurité d'un bidon ou d'ouvrir un sac avec de gros gants. Quant aux produits, ils sont placés dans une armoire fermée à clef. Je pense à mes enfants ! La préparation des bouillies se fait à l'extérieur, dans un ïncorporateur équipé d'une pompe. En premier je mets l'eau, ensuite le produit, en faisant passer plusieurs fois en circuit fermé pour bien mélanger. J'incorpore ensuite le mélange dans le I pulvérisateur à moitié rempli d'eau avec l'agitation en marche. Le tuyau de remplissage est équipé d'un clapet anti-retour. Autres petits trucs : sur mon tracteur, j'ai fixé à portée de main une pince pour le démontage des buses et une petite brosse pour les nettoyer. Ça évite de souffler avec la bouche... Je termine toujours les l traitements par une parcelle à plat pour que le DANY FÈVRE réservoir se vide bien. Je travaille au compte tours et en faisant à chaque fois le même parcours, je tombe "tip-top". Je mets juste un peu plus de produits pour ne pas tomber en panne. L'équivalent de 10 ares. S'il reste du produit, je passe à grande vitesse sur la parcelle. Je libère ensuite les 60 1 d'eau de la cuve de rinçage et repasse à grande vitesse sur la parcelle. Je ne lave mon enjambeur et mon tracteur qu'en fin de campagne sur une aire de lavage. J'ai la chance de pouvoir mettre les eaux souillées directement à la station d'épuration. Les bidons sont lavés 5 ou 6 fois et éventrés pour éviter toute récupération. Mais n'oublions pas que la meilleure protection pour l'homme et l'environnement c'est de moins traiter, Sur nos 5,5 ha de vigne, nous pratiquons la lutte raisonnée et choisissons les produits les plus doux possibles ! S. C.
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LA CABINE À AIR FILTRÉ BUISARD
Elk protège efficacement le conducteur des produits, même en conditions difficiles.
ser légèrement pour éviter la pénétration de l'air extérieur. On obtient ainsi une épuration de l'air 100 à 200 fois meilleure qu'avec les équipements classiques. Mais pour que les systèmes soient tota­lement efficaces, encore faut-il que la cabine soit climatisée car, par fortes températures, le viticulteur sera tenté d'ouvrir les fenêtres,,. A l'heure actuelle) seule la société Buisard semble proposer un sys­tème de protection efficace. Pour les autres) dans des conditions difficiles (vents forts, jets portés, pulvérisateurs pneumatiques), mieux vaut compléter la protection par un masque individuel. Dans tous les cas, l'entretien des cabines est essentiel. Il faut chan­ger régulièrement les filtres et veiller à conserver les performances de la pressurisation et de la climatisation ! se
Marie-Antoinette Ginsomard, Médecin conseiller technique national à la MSA
"Des soupçons sur les produits, mais beaucoup d'inconnus"
"L'analyse des dossiers du réseau de toxicovigllance, révèle beaucoup
d'incidents plutôt de type aigu. Sur les 343 dossiers validés, nous avons
enregistré 15 % d'hospitalisation, un chiffre non négligeable pour des
professionnels ! Il ne faut pas non plus négliger les maladies chroniques type
cancers, troubles de la reproduction, malformations... Le réseau nous
informe peu sur ces maladies qui peuvent avoir de
nombreuses causes, beaucoup d'études sont en cours.
A Besançon, le professeur Jean-François Viel a conclu que
les viticulteurs français présentaient un risque de mortalité
par cancer du cerveau supérieur de 25 % à celui de la
population générale. L'exposition aux pesticides a été
évoquée. Cependant, cette étude se base sur un petit
nombre de cas (258 morts par cancer du cerveau, contre
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2D1 attendus). On sait également que la maladie de
Parkinson est plus répandue en milieu rural. Il y a des
MARIE-ANTOINETTE GINGOMARD
soupçons sur les produits, mais il reste beaucoup
d'inconnus. Face à cela, mieux vaut adopter le principe de prudence. Il faut
développer la prévention individuele et colective par la remontée
d'informations aux pouvoirs publics et aux fabricants. C'est ainsi que pour un
insecticide (le méthomyl), une consultation avec le fabricant est en cours et
devrait aboutir à une modification de l'étiquetage et peut-être à un
changement de formulation".
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Pesticides déguisés en œstrogènes
persistent très longtemps dans l'environnement, etc. Comment ces produits jouent-ils le même rôle que les œstrogènes ? Un œstrogène agit sur le récepteur d'une cellule comme une clé dans une serrure : la forme de sa molécule vient se loger précisément dans le récepteur. Ce qui déclenche la réaction biologique. Si un pesticide.
Au moins 8000 produits chimiques répandus dans l'environnement sont des perturbateurs possibles du système hormonal. Beaucoup sont des pesticides, qui arrivent jusqu'à l'homme via les aliments. Ils peuvent être également présents dans des peintures, dans certains plastiques comme les polychlorobiphényles (PCB) qui
par exemple, a la même forme, il provoquera la réaction de la même manière, même si sa composition chimique est différente.
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Vue de gamètes mâles au
microscope électronique à transmission.
» BIOLOGIE » Le masculin ne l'emporte pas toujours... L'exposition des hommes aux pesticides, dont l'effet mime celui d'hormones féminines, serait à l'origine d'altérations sexuelles.
astre par la mère. C'est en quelque sorte ce que viennent de découvrir des chercheurs de l'équipe de René Habert, de l'unité de Gamétogenèse et génotoxicité CEA/Inserm/Universités Paris 7 et Paris 11 1 : le nombre de cellules germinales d'un fœtus de souris mâle - autrement dit, ses futurs spermato-
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zoïdes - est restreint par les œstrogènes de sa mère. Pour
Le mettre en évidence, ils ont étudié l'effet de la désactivation
Ensemble des hormones chargées de préparer la femme à la fécondation.
chez des fœtus de souris mâles, de l'un des deux récepteurs des œstrogènes. Résultat 30% de cellules germinales en plus 2 . Quant à l'autre récepteur, son inhibition a augmenté la testostérone
Conclusion: le fœtus mâle a une très grande sensibilité aux œstrogènes de la mère. Une
Hormone sécrétée par les testicules, stimulant le développement des organes génitaux mâles et l'apparition des caractères sexuels masculins secondaires.
Fertilité masculine en danger
régulation tout à fait naturelle, qui est probablement à l'œuvre aussi chez tous les mammifères, et notamment chez l'homme. Mais l'enjeu de ces recherches est nettement plus préoccupant: de plus en plus, les fœtus humains sont exposés à toutes sortes de molécules artificielles, comme certains pesticides, qui ont le même effet que les œstrogènes maternels (voir encadré p. 91. Ce qui revient pour les fœtus, à recevoir trop d'hormones féminines, au moment même où les organes sexuels sont en forma­tion. Or justement, depuis quelques décennies, les altéra­tions sexuelles masculines sont en augmentation (voir encadré ci-contre].
Y a-t-il un lien entre les deux? «Chez l'homme, les études épidémiologiques sont actuellement en cours pour recher­cher à relier statistiquement les altérations sexuelles et
Depuis quelques décennies, plusieurs indices laissent entrevoir une lente détérioration de la fonction sexuelle masculine. Ainsi l'homme actuel produit environ 30 à 40% de spermatozoïdes de moins que la génération de ses parents. Sur les trente dernières années, le nombre de cancers des testicules a nettement augmenté, de plus de 50% par exemple aux États-Unis. «Des malformations des organes sexuels - orifice urinaire ne débouchant pas à l'extrémité de ta verge mais en position plus ou moins basale, testicules restant dans l'abdomen plutôt que de descendre dans tes bourses - sont également plus fréquentes», ajoute René Habert.
l'exposition aux pesticides», répond René Habert. En revanche, la conséquence de l'administration d'œstrogè-nes synthétiques est bien connue: c'est le scandale du Distilbène. Commercialisé à partir de 1948, ce médi­cament a été surtout prescrit, entre 1964 et 1974, à des femmes qui avaient du mal à avoir des enfants. Mais il eut un effet secondaire terrible: les filles de ces fem­mes, dont beaucoup sont trentenaires aujourd'hui, ont développé des malformations de l'utérus qui provoquent des fausses couches répétées, voire les rendent stériles. Ce qui est moins connu, c'est son effet sur les fils: leurs testicules sont plus petits que la normale et ils produisent moins de spermatozoïdes. Preuve qu'une exposition à un œstrogène synthétique puissant comme le Distilbène a aussi un impact direct sur la fonction sexuelle masculine.
Mais il s'agit là de doses importantes, qui ne sont pas a priori celles que l'on retrouve dans l'environnement. Faute de données pour l'homme, il faut bien aller exami­ner les conséquences de ces œstrogènes environnemen­taux sur d'autres espèces. Et là, quelques données sont
L'unité mixte CEA-Inserm-Universités Paris 7 et Paris 11 a été créée en 2002 afin de renforcer
le potentiel de recherche du CEA sur l'étude des effets génétiques et mutagènes potentiels d'une exposition des cellules germinales aux radiations. Cette unité étudie ies effets de divers génotoxiques sur la fertilité et sur la descendance.
disponibles : les reptiles et les poissons, par exemple, y sont extrêmement sen­sibles, comme l'a prouvé l'analyse de deux lacs de Floride, Woodruff et Apopka 3 . Ceux-ci étant voisins, leurs faunes devraient être les mêmes. Mais il n'en est rien : dans le second lac. on observe que de nombreux pois­sons mâles se sont trans­formés en femelles. Or là où les eaux du premier sont alimentées par le ruissellement des pluies
à travers une réserve
naturelle, vierge de toute contamination, celles du second, elles, passent à travers des champs cultivés. Donc sont exposées aux pesticides: un lien direct entre modifica­tions sexuelles de grande ampleur et œstrogènes envi­ronnementaux a pu ainsi être établi. Toutefois l'orientation sexuelle chez les mammifères est très différente de celle des poissons. Elle est plus robuste : «avec des chromosomes XY, un fœtus aura forcé­ment des testicules, même s'il est exposé aux œstrogènes », explique René Habert. Leur fonctionnement sera altéré -c'est ce que vient de démontrer l'équipe du CEA- mais il n'y aura jamais de changement de sexe complet comme chez les poissons. Reste à déterminer précisément, par des enquêtes épidémiologiques, l'impact des œstrogènes environnementaux chez l'homme. Par ailleurs, d'autres études, plus fondamentales celles-là, sont en cours pour comprendre le mécanisme d'action des œstrogènes sur le fœtus.
Nicolas Constan s
1   Unité mixte de recherche basée su centre CEA de Fantenay-aux-Roses
2   Delbes et al., Endocrinology, 145, 3395. 2004.
3  G Toft et al. Environmental Health Perspectives, 111, 5,2003.
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Pétition pour des aliments non contaminés "Pas de radioactivité dans nos assiettes !"
L'âge de l'atome
A l'aube du XXème siècle, ni les
agriculteurs, ni les consommateurs
n'avaient à se soucier des pollutions
radioactives. En 1945, les
bombardements d'Hiroshima et
Nagasaki marquèrent le début
de la course à l'armement
nucléaire. Puis, l'atome civil prit
son essor avec, notamment, la
construction de centaines de
réacteurs électronucléaires.
Pour mettre au point leur armement,
5 Etats (USA, URSS, RU, France et
Chine) ont fait exploser plus de
500 bombes atomiques dans
l'atmosphère. Ces essais ont
provoqué une contamination généralisée qui n'a pas épargné
notre territoire. Tout comme les retombées de Tchernobyl ne se
sont pas arrêtées à nos frontières. S'ajoutent à ces pollutions, les
apports chroniques des installations nucléaires. Qu'elles
soient civiles ou militaires, elles disposent d'autorisations pour
rejeter leurs effluents radioactifs dans l'air, les fleuves et les mers.
Il faut également tenir compte de l'héritage du passé et notamment
des mines d'uranium.
Heureusement pour nos cultures, en dehors des milieux forestiers,
le sol retient assez fortement la plupart des polluants radioactifs
et les plantes restent relativement épargnées. Quoi qu'il en soit,
dès lors que de la radioactivité artificielle est présente dans les
cultures de telle ou telle région, la situation est analysée comme
une pollution car :
La norme, c'est l'absence de contamination des aliments.
Si, par exemple, du plutonium ou du cobalt 60 sont détectés dans des poireaux ou des tomates, il va falloir rechercher l'origine du problème, évaluer les risques et demander des comptes aux responsables. De plus, grâce aux démarches conduites par la CRIIRAD en 1998-2001, la réglementation française stipule que tout ajout de radioactivité dans les aliments est strictement interdit.
Certes, des limites de contamination dite " acceptable " ont été fixées aux niveaux nationaux et internationaux. Mais elles ne s'appliquent qu'en situation de crise et sur une durée limitée.
Face à l'urgence, on tolère la consommation d'aliments contaminés, à condition qu'ils ne dépassent pas les limites (au-delà, ils doivent être éliminés et les producteurs indemnisés). La consommation de ces aliments dits faiblement contaminés n'est pas sans risque aussi doit-elle doit durer le moins longtemps possible (cf. les études du Pr Bandajevsky sur les incorporations chroniques de césium 1 37).
Des projets irresponsables
La légalisation de. la contamination des aliments est programmée pour 2005 !
Deux projets internationaux, pris sous la pression du lobby nucléaire, vont complètement changer la donne : la norme ne sera plus l'absence de pollution mais une contamination décrétée acceptable par les autorités. 1/ Le premier projet émane de la Commission du Codex Alimentarius, une structure placée sous la double responsabilité de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l'organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO). À la demande de l'AiEA, l'agence internationale de promotion du nucléaire civil, elle est sur le point d'adopter une norme autori­sant l'importation et l'exportation des denrées alimentai­res contaminées. L'autorisation sera délivrée sans limitation de temps et sans qu'il soit nécessaire de la justifier par une situation de crise (accident, guerre). La seule condition requise est que le
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taux de polluants soit inférieur à des seuils compris entre 1 et 10 000 becquerels par kg (Bq/kg) : 1 Bq/kg pour les pro­duits les plus radiotoxiques comme le plutonium et jusqu'à 10 000 Bq/kg pour les produits supposés les moins radio-toxiques comme le tritium. 2/ Le second projet émane de la CIPR (Commission Internationale de Protectior Radiologique), une instance internationale de référence. Se: recommandations servent er effet de base à l'élaboration de: textes qui régissent notn protection contre les rayonnements ionisants. Son projet pou 2005 recommande l'instauration de "seuils d'exclusion". Et dessous de ces seuils, la contamination des déchets, matériaux sols, objets et aliments ne sera plus prise en compte : la radio activité n'aura plus d'existence légale et nous n'en seroiv plus protégés. Du lait à 90 becquerels d'iode 131 par litre pourr, être librement commercialisé et utilisé sans restriction pou l'alimentation des enfants, y compris des nourrissons ! Tant pi pour l'irradiation de leur thyroïde et pour leur développement ! Pour faire accepter leurs projets, la CIPR et la Commission d Codex affirment que les risques sont négligeables. Ces totalement FAUX. Les calculs montrent en effet que les niveau de risque induits par ces projets sont inacceptables, de 100 foi à plus de 10 000 fois supérieurs au niveau de risque di négligeable.
L'avenir est entre nos mains !
Si personne ne bouge, nous sommes condamnés, à court termi aux aliments radioactifs. Ni les producteurs ni les consommateui ne pourront plus s'y opposer puisque cette contamination sei devenue légale.
11  reste peu de temps mais rien n'est encore perdu. Au cours de
12  dernières années, grâce au soutien de la population, CRIIRAD a fait échouer plusieurs projets similaires. Tout déper de l'importance de la mobilisation !
La CRIIRAD se bat contre ces projets
AIDEZ-LA ! en signant la pétition (et en faisant signer)
en diffusant cette information. Pétition disponible sur le site de la CRIIRAD :
www.criirad.org ou la demander à :
CRRIRAD - 471 av Victor Hugo 26000 Valence Tel: 04 75 41 82 50