Champagne André & Jacques Beaufort
 
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Champagne André et Jacques Beaufort (Extrait de Viti Decembre 2004)

Un vigneron hors normes
Jacques Beaufort, récoltant manipulant, a vraiment un parcours atypique en Champagne. À la fin des années 60, alors qu'il travaille encore avec son père, André, une terrible allergie médicamenteuse le fatigue énormément et lui donne quelques frayeurs. À l'époque, il remarque également qu'il ne peut pas manger de pommes issues du verger familial (traité au même titre que ses vignes) sans connaître d'allergies. Au contraire, lorsqu'il déguste des pommes non traitées, tout va bien. En 1971, Jacques Beaufort vire de bord : de chimiste éclairé, il devient, du jour au lendemain, viticulteur biologique acharné. Sa quête du respect de la nature et des hommes va même jusqu'à éviter d'employer le soufre et, certaines années, le cuivre, pourtant autorisés en agriculture biologique. Il leur préfère l'aromathérapie et l'homéopathie. Très vite montré du doigt, Jacques Beaufort est surtout ennuyé par l'administration qui ne veut pas reconnaître ses pratiques. Il faudra la venue, à Ambonnay, de Gault et Millau qui vont encenser ses vins pour qu'enfin les officiels veuillent bien les reconnaître. Aujourd'hui, les champagnes élaborés par ce récoltant manipulant hors normes « champenoises » sont partout primés.

Voici d'autres articles parus sur le Champagne Beaufort:

Jacques Beaufort, le médaillé (l’Union 22/03/06)

«Au départ, il n'était pas question d'en faire ». Jacques Beaufort doit bénir le jour où un œnologue l'a converti au demi-sec. En 1996, il en vendait 2 %, actuellement près de 10 % de sa petite production de 30.000 bouteilles sont consacrés au demi-sec.
Depuis cinq ans, il empoche médaille d'or sur médaille d'or au concours général agricole à Paris : « La médaille d'or, c'est pour les vins de Polisy (Aube) et l'argent, c'est pour ceux d'Ambonnay ».
Bien sûr, on ne peut parler de son vin sans parler de son histoire : celle de la viticulture biologique.
«C'est en 1969 que je suis devenu allergique à de nombreux produits dont les produits phytosanitaires ».
On peut imaginer le problème pour traiter et soigner la vigne : «Depuis 1971, je suis à fond dans le bio. Je fais moi-même mes produits avec des huiles essentielles. Je traite la terre avec l'homéopathie. J'évite d'employer les molécules de synthèse. Ca sent mauvais». Ici, le souffre est à peine toléré. «Je sais que je ne plais pas à tout le monde, mais c'est ainsi ».
Ce père de neuf enfants exploite sept hectares répartis entre Polisy et Ambonnay. Il croit au miracle du Champagne : «J'ai vu des gens guérir de maladie grâce à une coupe quotidienne ».
Son demi-sec reflète l'esprit même du personnage : des facettes de bonheur et d'humour. Les Japonais et les Russes, à qui il vend 20 % de sa production de demi-sec, l'ont bien compris.

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Viti - Des demi-secs uniques et son marché, Les Japonnais en raffolent

Jacques Beaufort est récoltant manipulant à Ambonnay, au sud de la Montagne de Reims. Le vigneron ne démordait pas du Champagne brut lorsqu'un jour, un ami œnologue le persuade que ses vins peuvent donner de merveilleux demi-secs. Très sceptique, Jacques Beaufort va rapidement changer d'avis de­vant le résultat. Aujourd'hui, il est mondialement reconnu pour ses demi-secs (voir même ses doux) aux arômes uniques. Jacques Beaufort exploite deux domaines, l'un à Ambonnay, classé grand cru 100 % et l'autre à Polisy, dans l'Aube. La préférence va au pinot noir (les _ des 7 ha de superfi­cie totale). Le chardonnay occupe presque le quart res­tant. Pionnier de F agrobiologie, Jacques Beaufort exclut les désherbants et procède à des binages superficiels, voir certaines années, à un enherbement partiel. Depuis vingt-cinq ans, il n'emploie plus aucun insecticide, même naturel. Les engrais chimiques sont remplacés par du compost végétal et animal. Le vigneron évite l'usage du soufre et, au maximum, du cuivre qui, pour lui, pos­sèdent une toxicité certaine pouvant déséquilibrer la faune et la flore en place. Il préfère concocter lui-même ses huiles essentielles (aromathérapie) et ses dilutions homéopathiques. La réussite n'est pas toujours au ren­dez-vous et ses rendements sont en dents de scie. Mais, chaque année, contrairement à la viticulture conven­tionnelle, il récolte la totalité de ses grappes. Au Champagne Beaufort, on procède à une fermenta­tion malolactique sans réacidification par la suite. À la mise en bouteille, une petite quantité de sucre de canne non raffiné ou de sucre de raisin concentré, des ferments naturels (souvent déjà présents dans le vin) et une colle à base d'argile sont ajoutés. Après vieillissement (le plus long possible), le dé­gorgement se fait à la volée. Jacques Beaufort obtient ses demi-secs avec l'ajout de moût concentré rectifié (MCR). Pour donner un demi-sec de qualité, il choisit des vins qui ont de la matière et qui sont aptes à recevoir du sucre. Le viticulteur déplore de ne pas trouver de MCR en Champagne. Les siens viennent du Midi.

C'est très peu de temps après le dégorgement (entre six mois et un an pour les demi-secs et au moins trois mois pour les bruts) que les bouteilles André Beaufort sont mises en vente. « Nous essayons au maximum, de garder les bouteilles avec leur dépôt avant la vente. Le vieillissement du Champagne se fait alors très bien et il est possible de goûter un Champagne de plus de dix ans avec des bouquets plus mûrs et ayant conservé quelques traits de jeunesse », explique Jacques Beaufort.

Depuis peu, le marché japonais s'ouvre avec éclat pour le Champagne André Beaufort. Un très bel article dans « Winart » ne cesse de faire des éloges de ces champagnes. « En général, les commandes ja­ponaises sont constituées à un tiers chacun, de brut, de demi-sec et de doux », indique Jacques Beaufort. On trouve également d'autres pays : un peu la Hol­lande mais surtout l'Italie, deuxième amateur des produits de la gamme André Beaufort après le Japon.

« En général, les gens qui dé­gustent mes clampagnes, qu'ils soient étrangers ou français, ne veulent pas goûter de demi- sec. Il faut dire qu'en Cham-pagne, on a tellement produit de mauvais demi-sec où le sucre an­nihile les papilles ! Je leur fais - goûter par surprise. En général, le résultat est probant », indique Jacques Beaufort.

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Vins Magazine - Jacques Beaufort, viticulture et radiesthésie

Vigneron à Ambonnay, Jacques Beaufort, du domaine André Beaufort, a été le premier vigneron de Champagne à se convertir à l'agriculture biologique. La lecture des soins qu'il apporte à sa vigne en déroutera plus d'un.
"Lorsque j'ai débuté en agriculture biologique en 1971, j'ai utilisé les traitements à base de boullie bordelaise et de soufre. Mais en 1974, je soigne ma vigne par aromathérapie, c'est-à-dire grâce à des huiles essentielles de plante et par homéopathie. Pour choisir mes huiles, je me suis fait aider par un radiesthésiste qui avait une bonne connaissance de la terre. Il m'a permis de trouver ce qui était à la fois efficace pour le mildiou et non toxique pour la plante. Comme base de traitement, j'émulsionne les huiles essentielles dans de l'eau avec de l'alcool puis je les pulvérise sur les vignes. Je pulvérise également des dilutions homéopathiques.
A force de traitements chimiques abusifs, le mildiou a fini par devenir de plus en plus résistant. En cas d'extrême urgence, j'applique du sulfate ou de l'hydroxyde de cuivre. Certaines de mes vignes n'ont pas reçu de soufre depuis 15 ans. Elles ne s'en portent pas plus mal. Le soufre, autorisé en agriculture biologique, n'est d'ailleurs pas tout à fait exempt d'inconvénients. En 1992, j'ai eu une attaque d'oïdium sur une parcelles. J'en ai pulvérisé et j'ai constaté plus tard qu'il y avait du ver de la grappe. Le soufre avait fait fuir les insectes prédateurs des paillons du ver de la grappe...
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Guide de l'Amateur de Champagne - ANDRÉ BEAUFORT

Jacques Beaufort vinifie dans le même esprit qu'il travaille les vignes, en laissant opérer les levures indigènes. Ses vins font leur fermentation malolactique. Après le tirage, ils restent longtemps sur lattes avant d'être dégorgés là la volée le plus tardivement possible (date de dégorgement indiquée sur l'étiquette). Ses Champagnes millésimés ne sont souvent expédiés qu'après 10 ans de mûrissement en cave. Jacques Beaufort a également remis à l'honneur le Champagne demi-sec et doux : l'exceptionnelle matière première qu'il récolte lui permet d'obtenir des vins extrêmement mûrs, dont l'étonnant bouquet n'est pas sans rappeler certains vieux Layons. Michel Mastrojanni
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Guide Bettane et Desseauve - Jacques Beaufort (1999)

Voici un viticulteur hors du commun ! Adepte depuis longtemps de la viticulture biodynamique, il récolte des vendanges moins abondantes et bien plus mûres et vinifie avec des levures indigènes qui donnent à ses vins un type extraordinaire. Avec lui pas de neutralité aromatique mais une exaltation du pinot noir, qu'il vienne d'Ambonnay ou de l'Aube. Le naturel d'expression de ses vins rappellera aux plus vieux amateurs de champagne le goût incomparable dont ils pouvaient prévaloir avant l'adoption des principes d'une agriculture industrielle. Cette année, nous avons succombé aux sortilèges de l'étonnant Brut Grand cru 1989 et du demi-sec 1985 qu'aurait adoré Nicolas II.
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La revue du vin de France - Millésime 2000 Jacques Beaufort (juin 2001):

Les petits rendements ont fait merveille à Polisy, dans l'Aube, comme toujours, avec un vin d'une personnalité très particulière. Robe jaune, levain au nez, un superbe équilibre, acidité très intégrée au fruit, avec de la longueur. L'ensemble fait un vin complexe qui honore ce producteur. Le pinot noir est étonnamment clair de robe pour un Beaufort. Toujours levain au nez, ample, équilibré, très long, il détient les qualités pour bien vieillir.
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La revue du vin de France - Millésime 1999 Jacques Beaufort (juin 2000):

La maison Beaufort nous a donné une petite leçon de choses fort instructive : la comparaison de cinq vins provenant de vignes récoltées avec des productions très différentes. La conclusion n'est pas forcément sans appel, comme on pourrait le croire. Polisy, dans l'Aube, s'en sort très bien, en cuve comme en fût, à 2 500 ou 10 000 kilos par hectare selon les vignes, et dépasse Ambonnay (35 000 kilos), mais pas forcément le pinot noir d'Ambonnay (15 000 kilos par hectare). Allez conclure maintenant…
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La revue du vin de France - Millésime 1998 Jacques Beaufort (juin 1999):

Pour ce viticulteur qui possède des vignes à Ambonnay et dans l'Aube - et millésime par tradition tous les ans - , "1998 sera une année sûrement prometteuse, mais qu'il faudra faire vieillir".
Les vins de ce producteur, même en année moyenne comme 1998, présentent beaucoup de caractère. Le pinot noir de Polisy, dans la Côte des Bars, destiné au millésimé, se présente très coloré, corsé, avec des arômes fruités et très épicés, et finit tranquillement sa fermentation. Le pinot noir d'Ambonnay, destiné au Grand Cru Millésimé, se montre lui aussi très coloré, très rond, gras. La matière, pour l'heure un peu rustique, évoluera très bien et donnera dans six à sept ans une grande bouteille. Pour les amateurs de champagne très vineux et de caractère.
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La revue du vin de France - Millésime 1997 Jacques Beaufort (juin 1998):

Nous avons beaucoup aimé ces vins de grand caractère, provenant soit de l'Aube, soit d'Ambonnay. L'assemblage pinot noir-chardonnay de Polisy, au sud de Bar-sur-Seine, possède une magnifique robe couleur gorge de pigeon, un fruité magnifique de framboise, une ampleur et un équilibre exceptionnels pour l'année, magnifiés par la vinification en bois. L'assemblage pinot noir-chardonnay de Polisy et Landreville se montre très réussi sur le plan aromatique et sur l'équilibre, mais manque un peu de longueur. L'Ambonnay évoque les fruits à l'alcool et l'on retrouve toujours ce gras, cette rondeur, et en même temps cet équilibre caractéristiques des vins de Jacques Beaufort.
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Vins & Gastronomie - Champagne Jacques Beaufort (n°82):

La particularité de ce champagne, c'est qu'il est l'un des rares champagnes biologiques existants. C'est en 1971, que Jacques Beaufort a opté pour la culture bio. C'est à dire qu'il emploie des composts végétaux et les traitements de la vigne par aromathérapie et homéopathie. S'il est vrai que la démarche peut faire sourire, en réalité, il faut bien reconnaître que les vins obtenus ont des caractéristiques différentes et assurément originales.
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La revue du Vin de France - André Beaufort à Ambonnay (Decembre 1996 - Janvier 1997):

Il s'agit de la plus merveilleuse découverte depuis cinq ans dans le monde des récoltants-manipulants. Nous avons affaire à de vrais "allumés" qui cultivent la vigne biologiquement depuis vingt-cinq ans et naturellement les levures indigènes. Je n'ai jamais goûté de champagne aussi fruités et semble-t-il aussi proche par leur saveur et leur matière de Dom Pérignon. On pourra aussi les détester pour des déviations aromatiques en fait inexistantes, mais qui font disjoncter quelques dégustateurs peu imaginatifs.
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Hors Série Vins - Cuisine et Vins de France (Septembre-Octobre 1999):

Avec 40 hectares seulement (0,14% de la surface plantée), la Champagne est au dernier rang en matière de viticulture biologique. Aussi, Jacques Beaufort, l'actuel propriétaire d'un peu moins de 7 ha de vignes, fait-il figure d'exception. Victime d'allergies, il y a 30 ans, causées par l'emploi de produits chimiques, il a opté en 71 pour la culture bio: pas de désherbants, binages superficiels et compost végétal, emploi d'huiles essentielles et de l'homéopathie contre les maladies cryptogamiques... Ses champagnes ne ressemblent à aucun autre: bouche d'une densité inhabituelle et arômes qui traduisent à la puissance dix l'influence du pinot noir.
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In Vino Veritas - André Beaufort, force 12 en champagne (Novembre 1997):

Le vent du biologique souffle depuis 1971 sur ce domaine basé à Ambonnay, 2 ha de cette merveilleuse commune viticole sont à l'origine de la mention Grand cru sur certaines étiquettes alors que 5,5 ha à Ploisy (Sud de Bar-sur-Seine) étoffe considérablement le vignoble.

La genèse.
C'est par la force des choses que Jacques Beaufort se convertit à l'agrobiologie. A la suite d'allergies provoquées par les produits chimiques de synthèse, il dut explorer des voies plus naturelles de viticulture. Son vignoble récolta les dividendes de cette démarche d'autoprotection. Elle permit de recréer une vie organique au sein des parcelles et d'y entretenir la couche d'humus, essentielle à la personnalité des terroires et par conséquent des champagnes.

L'épître.
Je n'ai malheureusement pas vu les vignes, mais le prospectus de la maison nous éclaire sur les principes adoptés par le vigneron. Binages superficiels, compost végétal "maison" à base de broussailles rehaussée de poudre d'os et de farine de sang; soulignant la toxicité des sels de cuivre, du soufre et du permenganate de potassium, les Beaufort se tournent depuis 74 vers les huiles essentielles et depuis 80, l'homéopathie. Un millésime comme 97, caractérisé par de fortes attaques de mildiou, requit cependant un recours aux produits "traditionnels".

La création.
Après le pressurage (mécanique), les moûts subissent un débourbage d'une douzaine d'heures avant d'être dirigé vers les cuves et les fûts où des levures indigènes assureront la fermentation. Plusieurs soutirages clarifieront le vin qui demeurera pratiquement 1 an en cuves pour les tailles, 6 mois en fûts et 6 mois en cuves en ce qui concerne les cuvées. Les liqueurs de tirage et d'expédition privilégient le sucre de raisin concentré. Entre ces 2 opérations, un repos sur lattes d'au moins 3 ans (millésimés), un remuage manuel et un dégorgement à la volée.

L'évangile.
Pour déguster les champagnes André Beaufort (élaborés par Jacques Beaufort) abandonnez vos repères habituels et ... entrez dans un univers aussi déroutant que fabuleux (rassurez-vous, on s'y fait très vite).
Moins de rendement (le vin le prouve), plus de maturité et une "touche" inédite que seuls quelques "originaux" cultivent dans une région où nombre de pieds de vignes crachent tout ce qu'ils ne possèdent pas.
Vous suivez ?
Là où certains champagnes pèchent par excès d'orthodoxie, ici tout est liberté d'expresssion, exubérance aromatique et fête gustative qui privilégie le fruit.

Yvan Tonneus -
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L'Union - Champagne biologique: Jacques Beaufort, révélation d'Ambonnay (Juillet 1999):

C'est au bout de la rue de Vaudemange à Ambonnay que vous trouverez Jacques Beaufort. A 54 ans, ce viticulteur de vieille souche a decidé de conjuguer éthique de vie et production. [...] Il veut faire passer le message de la méthode biologique et persévère. Un hectare et demi de son vignoble est à Ambonnay, une autre partie à Polisy (Aube) dans la côte des Bar.
"La viticulture est le début de notre oenologie" proclame-t-il.
Aucun desherbant mais des binages superficiels. L'engrais chimique est remplacé par un compost végétal. L'érosion est quasi nulle, l'eau s'infiltre mieux et sort sans pollution. Les organimses vivants qui travaillent le sol permettent une meilleur alimentation des nappes phréatiques. Depuis 1974, pour lutter contre l'oidium et le mildiou, il expérimente des huiles essentielles (extraits végétaux). Lorsqu'on lui demande sa recette pour être 100% biologique avec des parcelles imbriquées dans celles des autres exploitations, il avoue avec franchise: "il est vrai que ma première route de bordure reçoit le traitement chimique des autres. Mes collègues m'accusent de leur fournir mes prédateurs et moi, en retrouvant au sol des milliers de coccinelles mortes, je leur réponds qu'ils détruisent l'auto défense de ma vigne".

Eloges
Jacques Beaufort évite, autant que possible, de chaptaliser. Si nécessaire un ajout de sucre de canne ou mieux, du mout concentré de raisin.
Pour limiter les champignons parasites, depuis 1980, on explore l'homéopathie. Des préparations "maison" permettent ainsi de préserver la faune et la microflore. Le résultat est un champagne aux arômes extraordinaires mais un rendement plus faible qui l'oblige à pratiquer des tarifs jugés parfois excessifs par le grand pubic. Jacques Beaufort privilégie la qualité à la quantité.[...]

Michel Cossardeaux - Retour au sommaire

Champagne André et Jacques Beaufort
Ne cherchez pas Jacques Beaufort, successeur de son père André, à la cave: il est dans les vignes parce qu'il croit, avec raison, que le bon vin naît du soin apporté au cep. Ne venez surtout pas lui vendre des produits de traitement chimiques, il ne jure que par la bio dans sa tendance la plus étroite puisqu'il a décidé de ne traiter ses vignes que par aromathérapie, en utilisant des huiles essentielles, et par l'homéopathie. Ne souriez pas: vous trouverez ici la plus impressionnante collection de vieux millésimes bourrés de sucs, de saveur et d'énergie. 89 de l'Aube sur des notes de tilleul et de fruits confits, 87 d'Ambonnay sur l'abricot sec, 91 d'Ambonnay sur le coing et la cire, 85 onctueux sur des notes de confit et de sous-bois, 89 sur la menthe et la réglisse. Tous ces vins ont un corps monumental, une matière qui demande à être mordue à pleine dent, une finesse époustouflante.

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